Des signes pour mieux comprendre les bébés

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Pour le moment, Sacha et Maël tendent l’oreille, jouent et observent ce que font les grands. Mais bientôt ils seront capables de reproduire les signes et de les utiliser pour s’exprimer.

Quand un bébé pleure difficile de savoir pourquoi. Pour faciliter la compréhension et aider les parents à dialoguer avec eux, Marie-France Sondag propose depuis un an des ateliers de langues des signes à Terville.

J’ai faim, je suis fatigué, change ma couche, je veux doudou… Lorsqu’un enfant à moins de 18 mois, il ne possède pas encore les mots pour exprimer tout cela. Alors pour se faire comprendre, bien souvent, il pleure. Pas simple pour les parents de décoder ce que ces « ouins-ouins » signifient. Pour les aider à déchiffrer, Marie-France Sondag anime des ateliers à Terville. « Je travaillais dans une crèche. Je voyais des enfants pleurer sans savoir ce qu’ils tentaient d’exprimer. J’ai vu un reportage à la télé et c’est ainsi que j’ai eu l’idée de me former à la langue des signes à Paris. » En septembre 2016, elle a donné naissance à Récré à signes, son auto-entreprise. Et depuis, les parents affluent. « Ces ateliers sont accessibles aux parents et aux enfants à partir de 8 mois », car il faut que le petit ait une motricité fine. À l’aide de gestes, parents et enfants apprennent à échanger en mimant tout en prononçant le mot. « Cela s’adresse à des enfants entendants , rappelle Marie-France. Au départ l’enfant signe de façon approximative puis au fur et à mesure cela devient plus préc i s. »
Cinq séances de 45 minutes sont proposées. « On y évoque la famille et les activités de bébé : la toilette, les vêtements, les animaux, le repas, les émotions et on finit par des révisions. »
Dans une salle aménagée à l’étage de sa maison, Marie-France accueille les familles et enchaîne les comptines, les lectures et les jeux. Les parents sont attentifs et tentent du mieux possible de reproduire les gestes pour dire « carotte », « chat », « bobo »… Parfois, ils s’emmêlent les pinceaux. « Certains gestes sont très proches », admet un papa.
Pendant ce temps, sur le tapis, Maël et Sacha tendent l’oreille et observent. « Pour mon premier enfant , confie Élisabeth, mère de Maël, j’avais acheté un livre mais ce n’était pas simple à mettre en pratique. Maël râle beaucoup et je me suis dit que ces ateliers m’aideraient à mieux le comprendre. Ce qui est super, c’est qu’avec son frère, il peut à présent communiquer. »
Les adultes semblent convaincus, d’ailleurs, certains n’hésitent pas à venir de Metz, Longwy et Sarreguemines pour apprendre. « Les signes permettent non seulement à l’enfant de se faire comprendre mais ils créent aussi une complicité parents-bébés. Ils font travailler la motricité fine [de l’imitation NDLR] et encouragent l’acquisition de la parole », assure Marie-France Sondag. Comme un enfant passe du déplacement à quatre pattes à la marche, il délaissera les signes une fois le langage verbal acquis. Parmi les signes préférés de Maël et Sacha figurent « maman », « papa », « doudou » et surtout « gâteau ». Quant au père de Sacha qui est Belge, il a un penchant pour le signe « frites ».
À chacun ses centres d’intérêt !
Bien avant de savoir parler, les enfants vont investir la modalité gestuelle pour s’exprimer. Ils sont en mesure de comprendre plus de mots qu’ils ne peuvent en reproduire.
Grâce à des signes empruntés à la langue des signes française, les bébés sont capables de communiquer leurs émotions comme « j’ai mal ». Il suffit de glisser son pouce entre ses lèvres et son menton. « Pour exprimer la colère vous faites comme le gorille », invite Marie-France, animatrice en communication gestuelle, auxiliaire en puériculture diplômée et membre du réseau labellisé Éveil et signes fondé par Isabelle Cottenceau.
Il peut également signifier qu’il a soif ou qu’il souhaite un « gâteau », pour cela il doit mettre son poing contre le bas de sa joue.

Un outil

Ces signes sont un outil de communication accessible à tous les enfants à partir de 8 mois. Certains commenceront à 10 mois, d’autres à 1 an. « Sans nous en rendre compte, nous avons tous été des bébés signeurs. » Mais plus l’enfant sera en contact avec les signes plus il pourra se familiariser avec eux et les reproduire.
« Le but des ateliers, limités à trois familles simultanément, est d’apprendre à bébé les signes qui correspondent à ses besoins et ses intérêts de tous les jours. Tout en permettant aux parents de les interpréter. »
Les sessions très ludiques peuvent être proposées aux parents accompagnés ou seuls, aux assistants maternels ou à toute autre personne désireuse de découvrir l’outil.
Comptez 75 € les cinq séances de 45 minutes.

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