Chauffer : l’enquête d’un clown pour les 25 ans

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Depuis quelques semaines, Môsieur Louis interroge les habitants sur l’image qu’ils ont du festival qui démarre ce jeudi. Mardi, il a rencontré des personnes sourdes.

Reportage

Visage peinturluré de blanc, nez rouge et toque de fourrure noire vissée sur la tête, Môsieur Louis a fait sensation à l’Ésat (Établissement et service d’aide par le travail) de la Mare, à Coutances, mardi matin.

Depuis plusieurs jours, le clown de la compagnie Charivari palace mène une enquête pour mesurer l’impact de Chauffer dans la noirceur dans le territoire, à l’occasion des 25 ans du festival.

Spectacles signés

Môsieur Louis a promené sa bonhomie sur les marchés, dans les rues et interrogé des élus. « Après les craintes du début, on s’aperçoit que le festival est totalement accepté et intégré dans le paysage local », explique le comédien, qui restituera ses conclusions, dimanche 16 juillet, à 11 h 30, lors d’un spectacle gratuit et plein de facéties.

Son passage à l’Esat n’est pas innocent. La structure qui accueille des travailleurs handicapés fournit 20 000 gobelets et des barquettes pour les repas. Dans une salle de réunion, le clown fait face à sept travailleurs malentendants et enchaîne la première question, traduite en langage des signes par une encadrante. « Que faites-vous pour le festival ? » « On prépare et on lave les gobelets », répond un participant.

L’Esat dispose de 159 000 gobelets qui servent à Jazz sous les pommiers, aux Sorties de bain ou encore aux Hétéroclites. « On se rémunère en facturant les gobelets manquants », précise le directeur, Henri Kapp. « Un sacré business ! » lui lance Môsieur Louis. L’établissement met également à disposition des supports de poubelles pour le tri et « cette année, six personnes participeront au nettoyage du site. »

« Vous êtes un bon exemple de l’impact que peut avoir le festival. » Mais la démarche va au-delà. « Depuis maintenant trois ans, nous proposons des spectacles en langue des signes (LSF) pour impliquer les malentendants », explique Annabelle Ledanois, présidente de l’association Chauffer dans la noirceur.

Pour cette 25e édition, le spectacle de chansons traduit en LSF, Albaricate, lancera les festivités, ce jeudi, à 19 h 15.

« Chaleur humaine »

« Cet aspect relationnel et cette démarche inclusive sont primordiaux dans notre partenariat », souligne Henri Kapp. Môsieur Louis rebondit : « Comment on peut vivre ensemble malgré nos différences, en somme »

Ces travailleurs de l’Ésat se font une joie de partager ce moment musical. « Qu’est-ce que vous aimez au festival ? », relance le clown. « Les vibrations, les ondes de la musique, répond Gilles. Mais on est souvent un peu loin des enceintes pour bien ressentir. » Môsieur Louis reprend : « Je vais vous aider à vous rapprocher et puis cela ne vous abîmera pas les oreilles. » Les rires éclatent.

Les organisateurs ont également mis en place une boucle magnétique sur la sonorisation. Ce système permet aux personnes appareillées d’entendre sans être gênée. Le clown conclut : « L’avantage du festival, c’est qu’on augmente le taux de chaleur humaine sans conséquence sur le réchauffement climatique. »

À partir de ce soir jusqu’au dimanche 16 juillet, Chauffer dans la noirceur. Môsieur Louis restituera son enquête, dimanche, à 11 h 30 (gratuit). Site : chaufferdanslanoirceur.org

Lire aussi en page 8 et en page Cultures-Magazine.

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