Clin d’œil, 12500 festivaliers dans les rues de Reims

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À l’occasion d’un spectacle de rue ce week-end, l’artiste est applaudi... silencieusement. En LSF, on agite ses deux mains.

Clin d’œil, ce festival international des arts en langue des signes rassemble des sourds et malentendants autour de la culture et de la fête, a remporté ce week-end un franc succès.

Venus du monde entier, pas moins de 12 500 participants ont afflué pendant trois jours dans 8 lieux différents (Centre des Congrès et plusieurs structures culturelles rémoises), pour suivre des programmes très variés : films, conférences, spectacles, expositions.

« Clin d’œil, c’est un répertoire culturel d’expressions artistiques pour tous, qui permet d’oublier ce qui nous différencie les uns des autres », explique David de Keyzer, président de Cinésourds, organisateur et fondateur du festival. Nous le rencontrons sur le « Village », lieu d’animations festives et ludiques. « Notre événement est également ouvert aux associations s’occupant d’autres types de handicapés, et aussi au grand public, de tous les âges. »

La musique par les vibrations

David de Keyzer parle en Langue des Signes Française et une interprète nous assiste. On regarde un des spectacles de rue. L’artiste est applaudi… silencieusement. En LSF, on agite ses deux mains. Le but de cet événement est aussi de faire porter un autre regard. « Les gens ont des craintes quand il y a des différences. Il n’y a aucune raison. Il y a tout un travail de sensibilisation à faire. »

On croise Hugo, qui assiste à tout le festival. Qu’a-t-il préféré ? « Le Théâtre ! Surtout Le Tabou. Le Village aussi. C’est un lieu sympa. On y rencontre plein d’autres personnes sourdes. Je compte me rendre à la Deaf Party (NDLR : deaf = sourd) ce soir. »

Un groupe américain de rockers sourds Beethoven’s Nightmare est prévu en clôture de soirée. On y retourne, vers 23 heures. Comment les sourds perçoivent-ils la musique ? Grâce aux vibrations. Pour corser encore les sensations, un plancher vibrant est installé, sur lequel des spectateurs dansent. On le teste : les sons des basses, amplifiés, chatouillent la plante des pieds et montent dans tout le corps… Sensation étrange ! Mais pas désagréable. On repart, on croise des fêtards, on finit même par communiquer avec des signes improvisés…

De notre correspondante

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