École de La Pointe. Tout pour la musique

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Il s’en prépare de belles, à l’école de la Pointe. Depuis un bon moment déjà, le groupe « Moguer » a investi les lieux pour une double mission. Celle d’une résidence à son profit, d’une part, et celle de fédérer trois classes pour un spectacle d’une demi-heure, tutoyant la démesure. À l’heure du premier filage, la tension monte un peu. Surtout chez les encadrants.

Dans la grande salle de sport de l’école, la chaleur s’est abattue, soudaine et envahissante. Les musiciens du groupe Moguer, classé dans « le brass rock expérimental », suent sang et eau face à près de 70 enfants totalement investis par une tâche aussi multiple qu’exigeante. À eux de produire une bonne demi-heure de spectacle le 18 mai à La Carène, en prélude au concert de leurs profs d’un jour. Enfin, d’un jour, c’est vite dit. « Il s’agit d’une résidence artiste en milieu scolaire », expliquent Janig et Marianne, de Penn Ar Jazz, porteuses de ce projet ambitieux. Le contrat est simple. Le groupe de musiciens a pu utiliser les locaux de l’école pour préparer leur deuxième album à condition de mener des activités auprès des scolaires. Tout a commencé il n’y a finalement pas si longtemps, en janvier, où le groupe a joué pour l’ensemble de l’école, maternelles incluses. Trois classes (CE1, CM1 et CM2) ont sauté dans le bus du bazar et travaillent depuis, souvent d’arrache-pied, pour un rendu qui n’explore pas que les pistes du son. Et pour cause : l’école de La Pointe accueille en ses murs des enfants sourds ou malentendants, qui vivent leur scolarité en inclusion.

Large implication

Pour eux, mais pas seulement, il a donc été imaginé d’autres pistes artistiques. Il y a notamment ce story-board dessiné sur transparent, et réalisé par les CM1, qui sera diffusé à mesure des chansons écrites en anglais par les CM2. Les CE1, eux, se sont appliqués à développer un jeu de lumière via quatre projecteurs actionnés par un tapis sur lequel ils battent le rythme. Le résultat, dont les coutures restent encore visibles, est pourtant très impressionnant à quelques jours de l’échéance. « Il n’y a pas eu de problèmes d’adhésion au projet », rassurent les institutrices Caroline Marybecker, Elisabeth Verdier et Annaïg Milin, « il y a même un goût particulier qui les tient, celui de la responsabilité de faire de la musique ». Et l’ombre du doute portée par les ignorants sur le rôle des enfants déficients est balayé dans un sourire. « Il a fallu écrire les textes et traduire en langues des signes pour les uns, imaginer et réaliser le story-board pour les autres et adopter le tapis à lumières pour les derniers », amendent les institutrices. Un challenge hyper motivant, encadré de A à Z (et même un peu plus) par les musiciens qui ont certes épaulé la partie musicale du spectacle, mais les deux autres ateliers aussi. Pas un mince exploit lorsque les 66 jouent ensemble, et bien, pour narrer l’histoire « d’un autre vampire qui est tombé amoureux avant d’aller chercher ses allocations de fin de mois ».

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