À Quimper, ils militent pour les droits des sourds depuis 40 ans

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Sylvie Thomas, présidente ; Yves Geret, membre depuis 38 ans ; Julie Lec’hvien, chargée de la communication de l’anniversaire, et Patrick Le Coz, secrétaire.

L’association des sourds de Cornouaille, basée à Quimper (Finistère), fête ses 40 ans le samedijuin. Quarante années de luttes passées à faire reconnaître la surdité comme une culture, au-delà du handicap.

« On est de plus en plus compris et moins pointés du doigt par la société mais la honte de montrer sa surdité perdure au sein de la communauté sourde. » La parole de la présidente de l’association des sourds de Cornouaille, Sylvie Thomas, est sanstour.

L’association, dont elle est présidente depuis cinq années, fêtera ses 40 ans le samedijuin. Un grand événement est programmé à Quimper. Des sourds de toute la France sont attendus.

Comme dans d’autres endroits du département, l’association quimpéroise a vu le jour dans les années 70 (en 1977) à l’initiative du « prêtre des sourds », René Bescond, et de parents d’enfants sourds, inquiets de l’isolement de leur enfant dans une société où l’oral règne alors en maître.

Les bénévoles d’alors mettent en place des activités mensuelles, des conférences et des sorties. Des rendez-vous qui ont toujours cours mais qui sont désormais ouverts à tous les âges. « Je suis pour le mélange des générations », explique Sylvie Thomas, qui a appris la Langue des signes française (LSF), il y a seulement quelques années.

Des « êtres invisibles »

L’association des sourds de Cornouaille est aussi une structure militante. Depuis quarante ans, ses bénévoles tendent à faire évoluer le regard de la société sur la communauté sourde. « On estime le nombre de sourds profonds et malentendants du Finistère Sud à un millier, chiffre la présidente. C’est très difficile car il y a une part très importante de gens qui sont hors réseau. Mais on le respecte. »

Patrick Le Coz, secrétaire de l’association, participe ainsi aux réunions d’accessibilité de la Ville de Quimper. Comme les autres membres de l’association, il regrette le temps de la municipalité de Bernard Poignant. « Chaque cérémonie et réunionnous étions invités se tenaient en présence d’interprètes, se souvient Sylvie Thomas. La présentation de vœux de la municipalité de Quimper, en 2016, n’était pas signée. On n’a donc rien compris. C’était comme si on redevenait invisibles. »

Privés du débat politique

L’élection présidentielle qui arrive est, pour la quarantaine de membres, un moment de vie publique primordial. Pourtant, ils se disent privés du débat. « Le problème vient du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), lâche la présidente. Certains candidats pensent au surtitrage de leur discours mais les traductions sont affreuses. Nous aussi on a besoin de voter en conscience ! »

 Plusieurs d’entre eux ont manifesté leur besoin d’accessibilité, lors des meetings tenus à Brest par Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, les deux favoris de l’association. « Leurs programmes comportent des points intéressants comme l’augmentation de l’Allocation adulte handicapé (Aah) et la systématisation de l’accessibilité des lieux publics aux sourds, développe Julie Lec’hvien. Mais on manque vraiment d’infos. C’est à nous d’aller les chercher. »
Samedijuin, 40 ans de l’association des sourds de Cornouaille au Pavillon de Penvillers de Quimper. Rencontres, exposition, stands, conférence et banquet. Journée accessible à tous, présence d’interprètes. Renseignements et inscriptions par mail : asc40ans@gmail.com

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