Le succès des premiers cafés signes

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Vendredi 3 mars, une trentaine de personnes se sont réunies au Café des arts pour le deuxième café signes.

Céline Bonnier a lancé ces rendez-vous au Café des arts, pour rompre l’isolement des malentendants. Une trentaine de personnes étaient présentes.

 Etudiante, Céline Bonnier a eu un coup de cœur pour la langue de signes. « C’était une option à la fac. Je n’ai jamais été douée en anglais, mais pour la langue des signes, oui. » Pour aller plus loin, la gérante du Café des arts a suivi une formation. Avant d’arriver à Thouars, l’an dernier, Céline Bonnier et son mari vivaient à Roubaix. Dans le Nord, elle était animatrice en langue des signes. « J’apprenais aux parents la langue des signes pour communiquer avec leur bébé. »

«  C’est ouvert à tous  »

A Thouars, Céline Bonnier n’a pas trouvé où continuer à signer. A Roubaix, elle faisait partie d’un café signes. Elle a décidé d’en lancer un, mensuel, dans son établissement. « Je connais la culture sourde et je sais l’isolement que cela peut provoquer », confie-t-elle. Le premier a eu lieu en février. Une trentaine de personnes étaient présentes. « Ça a tout de suite très bien fonctionné. A la fin, les participants ont demandé la date suivante. » Elles étaient aussi nombreuses lors du second rendez-vous, vendredi 3 mars, avec une différence : « Le public sourd était plus présent, constate Céline Bonnier, environ 25 contre une quinzaine la fois précédente ».
Le café signes n’est pas réservé aux personnes sourdes et malentendantes. « C’est ouvert à tous. Ça permet aux sourds de se rencontrer, de passer un moment ensemble et aux personnes intéressées de venir pratiquer. Mais on n’y apprend pas la langue des signes. L’objectif est de partager un moment et de parler de tout et n’importe quoi. »

«  Etre humble  »

Les participants ne viennent pas uniquement du Thouarsais, mais d’Angers, de Saumur avec l’Asspeda 49 (Association saumuroise de sourds et de parents d’enfants déficients auditifs de Maine-et-Loire) ou de Bressuire. Lors de la dernière séance, il y avait Nicolas, venu d’Avranches (Manche). Cet ancien commercial suit une formation en langue des signes, commencée à Caen, qu’il poursuit à l’école Visuel-langue des signes française à Angers. « L’apprentissage de la langue des signes est un travail qui implique une grande remise en question. Il faut savoir être humble. »
A Thouars, il a retrouvé une collègue de formation, Katy, de Brion-près-Thouet. « Début 2016, j’ai suivi une initiation à la langue des signes, ça a été une révélation, explique cette ex-assistance maternelle. On a besoin de la pratiquer, sinon on la perd très vite. » C’est aussi pour ça que Céline Bonnier a institué les cafés signes, pour pouvoir signer. « Ça a aussi montré aux personnes sourdes que si elles voulaient venir boire un verre ici, elles seraient comprises. Pour elles aussi, c’est un lieu de vie. »

Le prochain café signes aura lieu vendredi 14 avril, à partir de 18 h 30, au Café des arts, rue Saint-Médard. Tél. 05.49.66.09.13.

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