« Je suis sourd, je suis Breton et écrivain »

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Patrice Gicquel, pendant une séance de dédicaces.

Dimanche, le Bar d’A Côté accueille la 40e rencontre autour du livre. Le thème de la matinée est la Langue des signes française. Parmi les invités, Patrice Gicquel, un écrivain sourd de naissance.

Portrait

Patrice Gicquel est né à Rennes, en 1968, dans une famille sourde. Après une scolarité dans une école spécialisée à Fougères, il intègre le lycée puis travaille dans l’administration.

« Ce n’est qu’à partir du lycée que j’ai vraiment appris à parler convenablement, afin de ne pas me sentir exclu, ni isolé, explique l’écrivain. L’apprentissage de la Langue des signes françaises (LSF) a été difficile car je vivais exclusivement dans un monde de sourds. Mes parents avaient honte de signer en public. Maintenant, la société évolue et je suis fier d’être sourd et de pouvoir utiliser la LSF. »

Passionné depuis le plus jeune âge de lecture en tous genres, en 2002, Patrice Gicquel publie un premier livre sur le cyclisme après avoir essuyé les refus d’une douzaine de maisons d’éditeurs.

Le cyclisme, une de ses passions, est aussi l’un des premiers sports pratiqué par les sourds dès la fin du XIXe siècle. Ce livre sera aussi l’un des éléments déclencheurs pour se consacrer entièrement à l’écriture. Il obtiendra même le prix des Mains d’or, décerné par l’Académie de la LSF.

« Cette passion pour l’écriture, je l’avais déjà enfant, lorsqu’en vacances, j’écrivais de longues lettres à mes camarades. J’écris pour tout le monde, entendants et sourds. Cependant, j’ai choisi d’écrire sur les sourds parce que je le suis », confie-t-il.

Romans d’aventure, polars, tous les styles l’intéressent. Son dernier livre, sorti en 2016, est un hommage à son père et son enfance passée sous l’occupation allemande.

Dimanche, Patrice Gicquel dédicacera plusieurs de ses livres. Il connaît un peu la commune pour y avoir effectué un triathlon, une autre de ses passions. « Lors des différentes rencontres littéraires, je tiens aussi à démontrer que les sourds existent depuis les premiers hommes et que nous ne sommes pas que des assistés. »

Par fierté sans doute, mais aussi pour affirmer son identité, Patrice Gicquel aime à rappeler qu’il est « un écrivain sourd et breton ».

Dimanche 5 mars, de 10 h à 12 h 30, au Bar d’A Côté.

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