Une messe pour les sourds et malentendants

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Au cours de la célébration, les entendants ont été invités à apprendre quelques éléments de la langue des signes, pour que tous puissent partager la prière ensemble.

L’église Saint-Jean Baptiste de Baie-Mahault était pleine, dimanche matin, à l’occasion de la messe célébrée pour les sourds et malentendants.

Une messe pour les sourds et malentendants était organisée, hier matin, à l’église Saint Jean-Baptiste de Baie-Mahault. Célébrée par l’évêque Mgr Riocreux, l’aumônier national des sourds, le père Paul Diemert, et l’aumônier diocésain de la pastorale des sourds en Guadeloupe, le père Antoine Bourguignon.

UN AN DE FORMATION

Ce dernier est parti un an en formation à Paris pour apprendre la langue des signes, mais aussi pour créer une aumônerie en Guadeloupe. « Je voulais les aider à vivre leur foi, explique-t-il. Ils avaient des attentes et des difficultés. » Pour lui, apprendre la langue des signes est une véritable inspiration : « Cela nous rap- proche de la foi parce que les sourds et malentendants n’expriment que l’essentiel. C’est une joie. »
Une célébration réussie où chacun, entendants et malentendants, ont pu ensemble s’exprimer, sans barrière.

TROIS QUESTIONS À PÈRE PAUL DIEMERT, aumônier national des sourds : « Leur proposer des choses adaptées »

Parlez-nous un peu de la pastorale des sourds et des malentendants…
Les sourds ont besoin d’être pris en compte personnellement. Quand vous êtes avec des entendants, c’est un groupe et avec ma voix, je peux capter l’attention d’une centaine de personnes. Mais avec les malentendants, il faut prendre le temps de s’asseoir, de les regarder car ils sont dans une communication de vis-à-vis. C’est de l’entretien individuel.
C’est important d’organiser des messes pour eux ?
Je crois que pour sensibiliser les personnes intendantes, il faut montrer que la langue des signes est belle et permet aux gens sourds de pouvoir communiquer, s’exprimer et être à l’aise. Car il n’y a rien de pire pour un sourd que d’être à une messe avec de l’orgue, des chants et d’être complètement passif. Pour qu’ils soient actifs, il faut leur proposer des choses adaptées.
Qu’est-ce qui vous a poussé à vous intéresser à la langue des signes ?
Je suis l’aîné d’une famille de six enfants. Mes deux derniers frères, à cause du facteur rhésus de mes parents, sont nés malentendants. J’ai été amené à marier l’un d’entre eux avec une sourde profonde. Je me suis donc demandé comment faire. J’ai senti un appel à entrer dans ce monde. En plus, je n’étais pas à l’aise avec mes frères. Peu à peu, j’ai pu m’exprimer avec eux et les faire sourire.

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