Open de Rennes. Duckhee Lee, sourd et tennisman professionnel

0
97
Duckhee Lee (à gauche) ne voyage jamais sans son coach et cousin Woo Chung Hyo.

Sourd de naissance, le grand espoir du tennis coréen Duckhee Lee progresse à une vitesse folle, malgré ce handicap dans la compréhension du jeu. Il entre en lice aujourd’hui à l’Open de Rennes.

Lundi 23 janvier. Le rendez-vous est fixé à 16 h 30, mais Duckhee Lee et son coach Woo Chung Hyo sont en avance. Assis sur le canapé noir de la salle de presse, les deux compères attendent patiemment, presque embarrassés de se retrouver face à des journalistes. Pourtant, ils en ont rencontré des personnes qui s’intéressent à leur histoire. Elle est unique, car Duckhee Lee est unique.

À 18 ans, le Sud-Coréen est classé au 148e rang mondial et arpente le circuit professionnel depuis plus de trois ans. Mais ce qui fait sa particularité, ce n’est pas son jeune âge et son explosion précoce. C’est sa surdité. « Il est sourd depuis qu’il est tout petit, dévoile Woo Chung Hyo, coach et cousin à la fois. Il a commencé le tennis quand il avait 6 ans et il était tellement bon que ça a été une évidence. »

« Beaucoup de gens m’ont aidé »

Professionnel à 14 ans, 505e mondial en janvier 2015, 229e en 2016 et 148e aujourd’hui, Lee fait tout plus vite que les autres. En 2014, il jouait déjà son premier match en Challenger, en Corée du Sud. Le gamin de Jecheon, à deux heures de Séoul, est fait pour le tennis. « J’ai fait des tournois de jeunes où j’avais de très bons résultats. Beaucoup de gens m’ont aidé à cause de mon histoire, explique-t-il par la voix de son cousin, avec qui la communication n’est pas un problème. Lorsque j’ai joué mon premier Challenger, c’est là que je me suis dit : je peux le faire. Je me suis senti vraiment très bien (il sourit) ! »

Issu d’une famille de sportifs et encadré très jeune par un staff, Duckhee Lee n’a pas mis longtemps à faire de sa surdité une force. Là où le fait de ne pas entendre l’arbitre et les différentes consignes aurait pu être problématique, il s’est adapté. « Le fait d’être sourd engendre de nombreuses difficultés car il ne peut pas communiquer avec les autres, souffle Woo Chung Hyo. Il n’entend pas les juges dire « out » ou « net ». Mais il peut lire sur les lèvres en coréen. Donc il communique comme cela avec nous en tribune quand il a un doute, c’est plus simple. Il ne sait pas le faire en Français ou Anglais en revanche (rires) ! » Avant de poursuivre : « Sa surdité est aussi un avantage car il est très concentré durant le match et n’est pas dérangé par les bruits extérieurs ».

Sa progression est telle qu’il a attiré l’œil de l’académie de Patrick Mouratoglou, basée sur la Côte d’Azur, avec laquelle il a signé début janvier. Il s’y rendra après sa semaine rennaise, pour découvrir ce nouveau décor où collaborent notamment Serena Williams, Jérémy Chardy et Alizé Cornet. « C’est une bonne opportunité pour lui car cette académie est réputée dans le monde entier », sourit son coach. L’ambition du Sud-Coréen est débordante cette saison, qui doit être celle de la confirmation, avec trois objectifs clés : « intégrer le Top 100, jouer un tournoi du Grand Chelem et remporter un titre en Challenger ».

Sur ce dernier point, l’Open de Rennes pourrait l’aider à grandir et à devenir cette future star qu’il rêve d’être. Tout en simplicité.

Écrire un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.