Aix : un « café-signes » pour être à l’écoute des malentendants

Un moment de partage est organisé une fois par mois au "3C"

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Utiliser le langage des signes pour communiquer entre sourds et entendants, c'est ce que vous propose ce "café-signes" une fois par mois au "3C".

En entrant dans le 3C, une fois par mois, une dizaine de personnes discutent, s’amusent, confrontent leurs idées, en langue des signes. Les participants sont sourds, mais on trouve aussi des entendants. Parmi ces derniers, les parcours qui les ont menés au Café-signes sont multiples. Camille, entendante, explique que son « oncle est sourd », et qu’elle « souhaite pouvoir communiquer avec lui ». De son côté, Alexandrine est sur le point de « devenir sourde « , et elle souhaite anticiper en apprenant la langue des signes. Pour Marie-Martine, autre entendante, c’est une manière de renouer avec son enfance : « petite, j’étais enfermée dans un mutisme. Je veux connaître les moyens de communication que j’aurais pu utiliser à l’époque. »

Le Café-signe existe depuis deux ans, accueillant chaque mois vieux habitués ou nouveaux curieux. Pour Quentin, qui chapeaute l’événement, « c’est un lieu de rencontre, d’échange, on passe un bon moment « , »et ça permet de se former à la langue des signes et d’être sensibilisé. »

Sensibiliser, oui. Car dans une société entendante, les sourds sont déconsidérés et vus à tors comme des handicapés selon Quentin, lui-même sourd : « Qu’est ce que ça veut dire « mal-entendants » ? Nous ne sommes pas des handicapés. Nous avons une langue, nous communiquons. Si un entendant qui ne comprend pas la langue des signes se retrouve avec deux sourds, c’est l’entendant qui est handicapé », il ajoute : « d’ailleurs, c’est quoi une personne normale ? Une personne normale, ça n’existe pas. »

Pour Sébastien, sourd depuis sa naissance, il faut sensibiliser les plus jeunes : « Je participe à une association « nouveau regard », avec des personnes aveugles, des sourds, des paralysés. « On travaille pour la sensibilisation à l’école. Les enfants sont très intéressés, et ils apprennent très vite. Il faut multiplier ce type d’actions, et l’éducation nationale doit prendre conscience que des cours peuvent aussi être pris en charge par des sourds. C’est un début pour changer le regard de la société sur nous. »

La traduction a été réalisée par Eddy, traducteur bénévole pour la soirée

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