À la Maison familiale rurale (MFR) de Vire (Calvados), les élèves en bac professionnel aide à la personne apprennent à signer. Un savoir qu’ils pourront valoriser auprès de leurs futurs employeurs.

Dans la salle de travaux pratiques de la Maison familiale et rurale (MFR), Marc Panel, formateur à l’association Savoirs et partage, fait passer un examen à Chloé, élève en terminale bac professionnel aide à la personne. « Tu as fait quelques erreurs mais dans l’ensemble, c’était bien », dit-il.

Depuis trois mois, il apprend à une quinzaine d’élèves la LSF : la langue des signes française. « On avait le choix entre cette option ou la préparation aux concours. On l’a choisie car c’est intéressant. Cela va nous aider à communiquer dans nos futurs métiers », expliquent les élèves.

Un choix qui réjouit Marc Panel. Pour lui, savoir signer, c’est un atout sur le CV. « Ils pourront être confrontés à un public atteint de surdité s’ils travaillent en maison de retraite ou au domicile des personnes », explique-t-il. Certains se dirigent plutôt vers le domaine de la petite enfance où, là aussi, la LSF est de plus en plus répandue. « On l’enseigne aux bébés sans que cela n’entrave leur accès à la parole. Au contraire. Cela permet d’éviter la frustration ou les pleurs. Ils savent comment mimer qu’ils n’ont plus faim ou qu’ils sont fatigués », explique-t-il.

Une langue du quotidien

De leur côté, les élèves virois connaissent déjà plus de 500 signes en seulement quelques heures de pratique. Les vêtements, les couleurs, les jours de la semaine, les pièces de la maison, les professions, les animaux… La liste est longue ! Et lorsqu’il s’agit de faire une démonstration, ils n’hésitent pas une seule seconde. « On a moins d’heures que pour l’anglais, par exemple. On a l’impression d’avoir appris plus rapidement, constate Marine. On n’a pas besoin de conjuguer, c’est beaucoup plus simple. »

La LSF, c’est à la fois riche et ludique. « Les mimiques sont très importantes, comme froncer les sourcils par exemple », indique-t-il. Sans parler des moyens mémos techniques pour se rappeler des noms propres, par exemple. « François Hollande, c’est le chapeau traditionnel que les Hollandais portent. Sarkozy en LSF, c’est le cow-boy ! », dit-il en souriant.

Un enseignement que les terminales utilisent désormais dans leur vie de tous les jours. « J’ai appris à lire grâce à la langue des signes, précise Sarah. Actuellement, je suis en stage dans un centre de loisirs. Les parents me sollicitent pour que j’apprenne à leurs enfants comment signer. » Chloé s’en sert pour communiquer avec sa grand-mère, sourde et muette. « Elle a son propre langage, le LCP. Ce n’est pas toujours les mêmes signes mais on y arrive ! »

Laurine, elle, pense déjà à se perfectionner. « J’ai envie de devenir formatrice, comme Marc Panel ». Elle est convaincue de l’utilité de cette langue.

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