Pauline reçoit 10 000 € pour ses recherches sur les enfants sourds

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Pauline Rannou, doctorante à Rennes 2, vient recevoir 10* *000* *€ pour sa thèse sur les enfants sourds.

Le Fonds handicap et société a reversé cette somme à Pauline Rannou, doctorante à Rennes 2, pour l’aider à poursuivre ses recherches sur la communication des enfants sourds.

Pauline Rannou est doctorante à l’université de Rennes 2. En 2008, alors qu’elle est en première année de Langue étrangère appliquée (LEA) traduction, elle tombe par hasard sur un cours de langue des signes, donné par un professeur sourd. Cette rencontre va changer sa vie. « Beaucoup de personnes sourdes ne voient pas cela comme un handicap mais comme un mode de vie, et se battent pour faire reconnaître la langue des signes comme une langue à part entière », explique-t-elle.

Elle décide alors de faire sa thèse sur la communication des enfants sourds. « De nombreux parents entendants, qui ont des enfants sourds, ne sont pas sensibilisés aux alternatives à l’implant. Beaucoup regrettent de ne pas s’être vu présenter la palette complète des solutions possibles, notamment la langue française parlée complétée, un code gestuel qui repose sur la lecture labiale. À Rennes, nous avons un pôle d’information à ce sujet mais tous n’ont pas cette chance. »

« Un projet action »

Pauline Rannou vient de recevoir une aide de taille : le Fonds handicap et société lui a remis, vendredi, un chèque de 10 000 € pour poursuivre sa thèse.

Stéphane Bridel, secrétaire général du fonds, explique son choix : « Nous avons choisi de soutenir ce projet d’abord parce qu’il permet de réconcilier les milieux associatif et médical, en froid depuis les années 1950, du fait du traitement des handicapés dans les hospices d’alors. Ensuite, parce que c’est un projet action, c’est-à-dire qui débouche sur des actions et applications concrètes pour les familles avec des enfants sourds. »

Ces fonds serviront notamment à financer ses trajets dans le cadre de ses recherches, en France mais aussi aux États-Unis. « Je mène une étude comparative en partenariat avec l’Université Columbia, à New York. Il existe, par exemple, à Washington, une école reconnue pour les sourds. Mais moi je suis pour l’inclusion. Le problème, c’est que les enfants sourds se retrouvent souvent isolés. »

On remarque cependant une démocratisation de l’apprentissage de la langue des signes parmi les personnes entendantes. « Paradoxalement, de moins en moins de sourds la comprennent, du fait de la pose quasi systématique d’implants, qui se développe depuis les années 1990. »

L’objectif de sa thèse n’est pas d’apporter une réponse définitive aux problèmes posés par la communication entre parents entendants et enfants sourds, mais de comprendre et de faire la lumière sur cette situation que certaines personnes vivent comme quelque chose de positif, ainsi que de montrer aux parents que la pose d’implants n’est pas la seule et unique voie.

1 COMMENT

  1. Formidable idée de ne pas laisser de coté tellement de méthodes de communications pour les enfants sourds et seulement penser à l’implant. Je ne nie l’importance de l’implant dans certains cas. Certains sourds malvoyant ne pouvant bien suivre les gestes des signes et ne pouvant pas suivre la lecture labiale … Devraient faire appel a l’implant auditif médical …Mais en général pour de plus en plus c’est la langue de signes qui préfèrent (je crois) la majorité des sourds et malentendant, C’est harmonieux et pratique et davantage universel.
    Brave a cette jeune femme pour ses travaux et l’aide et récompense reçue sont justifiées

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