A la une > Les priorités du président de la fédération nationale

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L’Amicale des sourds du Finistère, qui compte 80 adhérents, avait un invité de marque, samedi, en la personne de Vincent Cottineau, président de la Fédération nationale des sourds de France et porte-parole de la cause au plus haut niveau.

2016-4-20
La conférence en langue des signes de Vincent Cottineau a été suivie par une…

Où se situe la France dans l’accompagnement des personnes sourdes ?
Il y a encore beaucoup de travail pour arriver au niveau des pays nordiques qui font beaucoup plus pour les personnes sourdes. En France, on compte 400 interprètes diplômés en langue des signes pour 300.000 sourds signants. En Finlande, on trouve un interprète pour dix sourds, comme dans la plupart des pays qui n’ont pas adhéré à la décision du congrès de Milan.

La France, qui a interdit à une époque la langue des signes, rattrape-t-elle son retard ?
Elle rame encore pour le rattraper même si heureusement, on n’est pas complètement parti de zéro depuis trente ans, puisque dans les familles, on a continué à signer en dépit de l’interdiction.

Quelle est votre préoccupation majeure aujourd’hui ?
Un des combats qu’il faut mener est l’accès à la langue des signes pour les plus jeunes et les moyens qu’il faut donner à l’école pour éviter aux jeunes sourds la spirale de l’échec scolaire. Ne pas pouvoir entendre et communiquer dès le plus jeune âge peut avoir des conséquences importantes sur le développement mental et cognitif.

Où en est le projet de centre relais téléphonique ?
La question tourne en rond, elle est entre les mains des lobbys en tous genres. Ce système de communication par écrans interposés avec un spécialiste de la langue des signes nous permettrait de communiquer par téléphone comme tout le monde.

Combien de pays fonctionnent avec un tel dispositif ?
L’Angleterre, Les État-Unis et les pays nordiques disposent de ce genre de plate-forme indispensable dans la vie de tous les jours des sourds. Mais la question du financement reste essentielle. Et pas question de faire supporter ce service par les sourds déjà peu favorisés dans la société. Nous envisageons un système de financement à la manière de l’écoparticipation, notamment en direction des plus grandes entreprises de communication ou autres.

Où en est l’insertion professionnelle des sourds ?
Elle progresse, notamment grâce aux fonds qui sont spécialement prévus. Mais les entreprises ne connaissent pas encore ces dispositifs et les aides dont elles peuvent bénéficier pour aménager les postes. On revient encore à l’importance de créer ce centre relais téléphonique pour favoriser cette fondamentale insertion professionnelle ; le téléphone étant encore un frein pour employer les personnes sourdes.

[box type= »note » align= » » class= » » width= » »]Source : http://www.letelegramme.fr © 18 Avril 2016 à Brest [/box]

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