A la une > Le double défi de Maureen qui s’épanouit dans la poterie

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À 23 ans, la jeune femme a intégré un lycée parisien où elle prépare un CAP décoration sur céramique. Un défi car Maureen, qui souffre de surdité profonde, est aussi malvoyante.

« Nous sommes très fiers de Maureen », témoignent Cirino et Monique Pisano qui ont accompagné ses premiers pas en poterie.

L’histoire

« Maureen souffre du syndrome d’Usher (1), mais elle a toujours beaucoup travaillé de ses mains, raconte sa maman, Corinne. À 14 ans, elle a vécu sa première expérience de poterie lors du salon Créativa à Penfeld, en réalisant un masque africain. » Une vraie découverte pour l’adolescente d’alors. « Nous l’avons donc inscrite aux cours de l’Atelier dirigé par Cirino Pisano. Elle y participait chaque samedi, quand elle rentrait de son internat à Auray. »

À l’Atelier, Monique Pisano se souvient que, « fidèles aux modèles proposés, tous les objets sortis des mains de Maureen avaient un petit plus qui faisait leur originalité ».

À 17 ans, la jeune fille, qui aborde la vie avec un tempérament fort et direct, parvient à convaincre ses médecins de lui installer des implants cochléaires. Ils lui permettent aujourd’hui de percevoir quelques sons. Parallèlement, elle obtient un CAP service en milieu rural et un BEP services à la personne. En juin 2015, son bac pro en poche, elle décide de « se faire plaisir » en se lançant dans la voie artistique.

Un stage chez Henriot

En septembre, elle intègre le lycée L’initiative dans le XIXearrondissement de Paris. Accompagnée d’une AVS formée à la langue des signes, elle y prépare un CAP de décoration sur céramique. « Maureen s’est bien intégrée dans sa classe à faible effectif (moins de 10 élèves). Elle découvre l’histoire des arts et se concentre sur la pratique. Au bout de quelques semaines, ses professeurs d’atelier décoration l’ont fait passer en deuxième année. En mai et juin, elle effectuera un stage de six semaines chez Henriot à Quimper ! »

Plus tard, Maureen se verrait bien animer des cours de poterie pour enfants ou travailler dans la restauration et la reproduction de pièces anciennes…

La jeune Bretonne s’assume dans sa nouvelle vie parisienne. Elle apprécie les lumières de la capitale qu’elle traverse quotidiennement, à pied et en transport en commun. Tous les quinze jours cependant, elle savoure de retrouver la tranquillité familiale à Guilers et l’atelier de poterie où elle a fait ses débuts à Bohars.

(1) Il associe surdité et troubles de la vue.

Source : http://www.ouest-france.fr © 2 Janvier 2016 à Bohars

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