Bébé ne parle pas encore ? Dialoguez avec lui en langue des signes

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Agiter les mains précède l’acquisition du langage chez les bébés. Il n’en fallait pas plus pour qu’à la micro-crèche Les Petites Graines à Harnes, depuis une semaine, on intègre la langue des signes aux échanges avec les jeunes enfants accueillis. Tous les enfants. Une première dans le département.

La langue des signes « n’est absolument pas réservée aux enfants sourds ou qui ont une difficulté d’acquisition du langage » préfère rappeler Sylvie Nourricier, directrice de la micro-crèche Les Petites Graines qui a ouvert ses portes, à Harnes, il y a quelques mois seulement.

Depuis lundi dernier, ce code de communication gestuelle est utilisé dans les échanges avec les enfants tout au long de la journée. Dès leur arrivée, le « bonjour » oral est doublé d’un mouvement de main, de la bouche vers le bas.

Et il en est ainsi durant toutes les activités : « Nous utilisons surtout des mots-clés, explique Sylvie Nourricier. Autour de l’alimentation, des soins, des animaux, le fait de s’asseoir, de dire papa et maman, des gestes simples associés au jeu ou à la chanson» Dire qu’il fautchanger la couche, ou qu’on voudrait bien un petit verre d’eau, par exemple.

A quoi ça sert aux enfants ?

Ce nouveau projet est avant tout un souhait de Sylvie Nourricier, éducatrice spécialisée de formation. Elle et son équipe, soit cinq personnes, ont bénéficié en septembre d’une formation de 14 heures auprès de l’association Signe avec moi. Pour acquérir quelques bases solides et l’équivalent de 150 signes issus de la langue des signes officielle française. Mais pourquoi donc vouloir les transmettre aux enfants gardés ici, pas forcément touchés par le handicap auditif ? « Bien avant de parler, les enfants savent mimer, ils savent faire les marionnettes par exemple. La langue des signes peut être un outil complémentaire pour très vite communiquer et se faire comprendre. »

Mais la réflexion va encore plus loin : « C’est à la fois un exercice de motricité fine et un outil d’orthophonie. En parallèle des signes, on prononce le mot en décomposant les syllabes, on l’accompagne même parfois d’une image » glisse la directrice harnésienne. La langue des signes peut aussi faire le lien entre la micro-crèche et la maison, pour des familles d’origine étrangère et ces enfants baignés dans le multiculturalisme. Elle peut aussi être un premier pas vers la sensibilisation au(x) handicap(s).

Un atelier avec les parents pourra d’ailleurs voir le jour bientôt. Mais si les bambins sont déjà bien réceptifs, la tâche n’est pas simple et doit surtout rester ludique. « Il faut déjà que ça devienne naturel pour nous, que le travail soit cohérent et synchronisé au sein de l’équipe. Ensuite il faut que l’on soit hyper à l’écoute avec les yeux, être encore plus observateurs dans les échanges avec les tout-petits pour capter leurs signes éventuels » poursuit Sylvie Nourricier qui ne se fixe aucun objectif, hormis celui de pérenniser ce projet pédagogique et de faire des émules ici et ailleurs.

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