Solidaires : un bistrot pour aider les sourds

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Au contact de la clientèle, les serveurs et cuisiniers du Café Signes, à Paris, rompent l’isolement lié à leur surdité.

En cuisine, le serveur Rabbah (àdr.), sourd de naissance, transmet sa commande au chef, Alain.

Les conversations, les verres qui s’entrechoquent, Alex, 46 ans, ne les entend pas. Il est sourd de naissance.

Derrière le comptoir du Café Signes, à Paris (14e), il accueille les clients d’un « bonjour » signifié en posant les doigts sur les lèvres.

L’heure du déjeuner approche, l’équipe est au complet : quatre serveurs en salle, encadrés par deux moniteurs, et deux aides en cuisine aux côtés du chef. Ici, sourds et entendants travaillent ensemble.

Le Café Signes est un atelier de l’Esat Jean-Moulin (établissement et service d’aide par le travail), qui accueille des personnes sourdes présentant des troubles associés à ce handicap (déficience visuelle, intellectuelle…).

Faute d’échanges avec l’entourage, les sourds de naissance ont souvent vécu une enfance difficile et présentent des troubles relationnels.

« C’est un handicap invisible qui isole terriblement », explique Martine Lejeau-Perry, directrice de l’Esat Jean-Moulin, créé en 1986 avec l’association Entraide universitaire.

Le Café Signes est inauguré en 2003, après cinq ans de travaux : « Ce restaurant ouvert du lundi au vendredi est un lieu où l’échange entre sourds et entendants est facilité », explique-t-elle.

Pour sensibiliser le grand public à la cause des personnes sourdes, 200 livrets expliquant les bases de la langue des signes française (LSF)sont distribués chaque mois aux clients.

Vladi et Gwenaël, les deux moniteurs, viennent à la rescousse des plus déboussolés d’entre eux.

« Habituellement, les sourds doivent s’adapter à nous. Ici, c’est l’inverse », souligne Gwenaël.

Gagner en confiance

A la fois protégés et confrontés à la « vraie vie », les employés valorisés gagnent en confiance.

Ainsi Rabbah, 29 ans, serveur au Café Signes depuis quatre ans, prend désormais seul les commandes.

Quelques minutes plus tard, un bipeur vibre dans sa poche : le chef Alain, en cuisine, lui signale que son plat est prêt.

Après avoir servi l’assiette, Rabbah lit « merci » sur les lèvres du client. En retour, le serveur toque du doigt sur la table. Un geste qui veut dire « bon appétit ».

Et si vous participiez… en allant déjeuner au Café Signes ?

> 33, avenue Jean-Moulin, Paris (14e). Tél. : 01 45 39 37 40.www.cafesignes.com

Source : http://www.leparisien.fr © 27 Mars 2014 à Paris

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