Helène Doudot, interprète en langue des signes : «Mes premiers mots, je les ai signés !»

5

Hélène Doudot vient de créer son entreprise à Tourcoing. Elle est interprète en langue française des signes. Elle n’a pas souhaité donner un nom à sa société, compte sur le bouche-à-oreille… Un petit paradoxe.

Hélène Doudot vient de créer son entreprise à Tourcoing. Elle est interprète en langue française des signes. Elle n’a pas souhaité donner un nom à sa société, compte sur le bouche-à-oreille… Un petit paradoxe.

C’est l’histoire d’une jeune fille bilingue qui n’avait pas pensé qu’elle pouvait faire de ce savoir une compétence. « Mes grands-parents maternels sont sourds. Ce sont eux qui m’ont élevée car ils me gardaient la journée. Naturellement je communiquais avec eux en langue des signes. Mes premiers mots, je ne les ai pas dits, je les ai signés ! »

En classe de cinquième, elle quitte le Nord pour Montpellier et décide de se lancer dans un BEP d’élevage équin. À son retour dans le Nord, elle veut passer le bac mais ne trouve pas de lycée. Elle franchit la frontière pour passer un BEP de vente. Deux ans plus tard les portes du lycée Gambetta s’ouvrent. « J’étais contente, j’allais pouvoir passer mon bac mais c’est là que j’ai découvert que j’attendais mon premier enfant. » C’est la fin des études.

Hélène Doudot n’a pas rompu les liens avec ses grands-parents. Elle les accompagne dans leurs démarches administratives, leurs rendez-vous chez le médecin… « Mon grand-père n’a jamais appris à lire sur les lèvres. Et ma grand-mère a été à l’Institut pour les sourds de Ronchin à l’époque où on attachait les bras pour obliger les sourds à lire sur les lèvres. »

Des amis sourds la sollicitent aussi pour les aider dans leur vie quotidienne. Il y a deux ans, elle sert d’interprète pendant les championnats du monde de pétanque pour les sourds organisés à Tourcoing. Elle imagine alors créer son entreprise. « Le but est vraiment de venir en aide dans les démarches quotidiennes que ce soit pour des entretiens administratifs, des dépôts de plainte, des rendez-vous médicaux avec la garantie du secret médical. J’ai déjà fait des traductions de conférences, c’est épuisant de faire des signes pendant une heure et demie. »

Une langue maternelle

Toutefois Hélène Doudot ne peut se présenter comme interprète en langue des signes. « Pour cela, il faut un master 5 que je n’ai pas. C’est pour cela que je parle d’accompagnement. » Mais Hélène Doudot assure avoir un avantage sur les « diplômés » : « Moi c’est ma langue maternelle. Je suis parfaitement bilingue car j’ai toujours été en contact avec des personnes sourdes. Pour garder la langue comme pour toutes les langues, il faut pratiquer ! » Elle a même profité des championnats du monde pour « actualiser » ses gestes. « Les signes ne sont pas partout les mêmes. Il existe des patois comme en langue parlée. Pour un même mot, le geste peut même être complètement différent. J’ai appris beaucoup de choses aux championnats du monde. »

Aujourd’hui, elle a mis en place une adresse mail, un numéro de téléphone et bientôt une connexion Skype, « pour ceux qui veulent plus d’explications ». À présent, Hélène Doudot va devoir convaincre la communauté des sourds qu’elle peut leur venir en aide. « Les sourds sont souvent des gens débrouillards. Ils font tout pour que l’on ne remarque pas leur handicap. Ils lisent sur les lèvres, écrivent sur des papiers… Mais je crois quand même que je peux leur venir en aide ! »

Une langue née au XVIIe siècle
Les premières bases de la langue des signes ont été posées au XVIIe siècle. L’abbé Charles Michel de l’Épée remarqua en 1760 que des sourds communiquaient par gestes entre eux. Il eut l’idée de les regrouper en institution. Il observa les signes et les consigna. Ainsi naît la langue française des signes.
Un siècle plus tard, c’est Ferdinand Berthier qui défendit la cause des sourds. Il plaida pour que les sourds puissent utiliser la langue des signes lors des démarches administratives, plaidant que les sourds étaient des citoyens à part entière.
Pourtant il fallut attendre 2005 pour que celle-ci fut reconnue comme une langue officielle.

Source : http://www.lavoixdunord.fr © 22 Mars 2014 à Tourcoing

5 COMMENTS

  1. Je serai ravie de pouvoir passé le diplôme mais vous comprendrez que 5 année d’études pour obtenir le master n’est pas possible avec deux enfants a charge. Mais des que ce sera possible pour moi je le ferai avec plaisir.
    Cordialement
    Hélène

    • « c’est pas parce que t’as une bite sur le front que t’es une licorne »

      Vous avez décidément rien compris…
      Vous osez vous prétendre interprète sans aucune formation, en parlant de « gestes » et en voulant « aider »?
      Vous avez décidément rien compris à l’affaire ni même à la communauté sourde.

      Avoir des grands parents sourds ne vous donne aucun droits ni aucun avantage.
      Cessez d’envisager une formation d’interprète comme une formalité.

      C’est un métier sérieux régulièrement entaché par des gens comme vous.
      Merci de vous trouver un autre boulot, on a pas besoin de vous.

  2. Convenons en. Avoir grandi et côtoyé de nombreuses personnes dans le milieu médical ne fait pas de moi un médecin.
    Il faut passer par une formation diplômante.

    C’est la même chose pour l’interprétariat.
    Bon courage pour votre entreprise d’interface/aide en communication.

    Cordialement.
    Jérôme.

  3. Vous êtes une vaillante dame. Continuez vous ferez beaucoup de bien et aiderez aux personnes sourdes.
    Avec leurs fichus diplômes à obtenir empêche les initiatives personnel…
    Courage madame Doudot.

Écrire un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.