Les lycéens apprennent la langue des signes

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Jean-Pierre Tafsi, sourd et muet de naissance, enseigne la langue des signes depuis 2004.

Expérimentée l’an dernier, la langue des signes est devenue, depuis la rentrée, une option au lycée des métiers Marie-Le-Franc. Jean-Pierre Tafsi, sourd et malentendant de naissance, apprend les bases à six classes, huit l’année prochaine.

« À Marie-Le-Franc, on signe par le geste ! ». Michel Coussi, le proviseur du lycée des métiers Marie-Le-Franc, à Lorient, est très fier de l’engouement que connaît, cette année, le cours de langue des signes française. « Après l’expérimentation l’année dernière, nous avons ouvert officiellement l’option, cette année, dans les séries du pôle sanitaire et social : les bacs pro accompagnement, soins et services à la personne (à domicile ou en structure), bac science et technologique sanitaire et social ».

Un plus sur le CV

En fait, tous les élèves formés pour exercer les métiers d’aide soignante, aide à domicile, infirmier, éducateur… « Cet enseignement est important en terme d’insertion et d’ouverture, un plus sur le CV ». Et les effectifs inscrits à l’option langue des signes dépassent toutes les prévisions. En 2012, une trentaine d’élèves de première ont suivi les cours de Jean-Pierre Tafsi. Cette année, on comptabilise près d’une centaine de volontaires, sur les 700 élèves que compte le lycée Marie-Le-Franc.

Le lycée Victor-Hugo à Hennebont, précurseur

Le proviseur connaît depuis longtemps le professeur. « J’ai ouvert une option langue des signes française au lycée Victor-Hugo d’Hennebont en 2006 avec Jean-Pierre », raconte Michel Coussi, proviseur à Marie-Le-Franc depuis six ans. « Aujourd’hui, le professeur de langue des signes assure six heures de cours par semaine (il aura huit classes à charge l’année prochaine) et fait partie intégrante de l’équipe éducative de notre établissement. Au point d’avoir des profs qui voudraient apprendre aussi la langue des signes, pour pouvoir communiquer avec leur collège ».

La langue des signes : une langue vivante

Décrire les formes, les couleurs, raconter une histoire… Le cours dispensé par Jean-Pierre Tafsi ne s’embarrasse pas de longs discours. Ici, pas de bavardage : on s’exprime avec les mains et les yeux. « Les expressions du visage sont très importantes pour communiquer », nous écrit l’enseignant. Plutôt que de handicap, le quadragénaire préfère « parler » de non-accessibilité. Pour lui, la langue des signes est véritablement une langue vivante, et son enseignement se rapproche de l’apprentissage d’une langue étrangère comme l’anglais. Ce vendredi matin, cinq élèves assistent au cours. Au programme : les couleurs. Une heure pour apprendre à signer le jaune, le noir, le rouge ou le blanc. Le silence n’empêche pas les éclats de rire, les regards gênés ou interrogatifs, mais le courant passe bien. Et l’enseignant est affirmatif : dans deux ans, tous sauront dialoguer en langue des signes. Un pas de plus vers la différence.

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