Malfaçons. Privés de toit ils saisissent la justice

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Le sort de Philippe et Nelly Le Goff est désormais suspendu à la décision du juge.

Trois ans qu’ils se battent pour terminer les travaux de leur maison, près de Poitiers. Hier, un couple assignait devant le tribunal de Quimper l’entrepreneur cornouaillais dont le travail avait dû être démoli.

À Migné-Auxances, une petite ville proche de Poitiers, la population fait plus que jamais preuve de solidarité. Depuis quelques jours, ils sont une douzaine à se relayer dans la maison de Philippe et Nelly Le Goff. Trois ans après l’effondrement de la dalle de leur maison en rénovation, l’histoire du couple originaire de Brest est connue de tous. Sourds et muets, ils avaient décidé de s’installer dans la région pour permettre à leur fils de suivre des cours dans une école spécialisée ouverte aux enfants sourds. Sur les conseils de parents, ils avaient fait appel à un entrepreneur cornouaillais pour rénover une vieille bâtisse. Les malfaçons étaient rapidement apparues, conduisant le couple à saisir la justice.

La responsabilité de l’artisan visée

« À l’évidence, nous ne sommes même pas en présence de bricoleurs du dimanche, mais de gens totalement incompétents en matière de construction ». Hier, devant le juge des affaires civiles, Me Perreau, l’avocat du couple, a mis en cause la responsabilité du couple d’entrepreneurs. Nommé quelques mois après l’effondrement de la dalle, l’expert judiciaire avait conclu à la nécessité de tout démolir avant d’entreprendre une reconstruction, estimant le coût des travaux à près de 150.000 €. Une somme réclamée aujourd’hui à l’entrepreneur. Pas en sa qualité de personne morale, la société se trouvant en liquidation. Mais pour Me Perreau, l’absence d’assurance décennale de l’artisan et la réalisation de travaux ne correspondant pas à l’objet social de l’entreprise permettront au juge de condamner le couple d’entrepreneurs, en leur nom personnel. Un homme déjà condamné en janvier par le tribunal correctionnel pour usage de faux en écriture. Il avait présenté une fausse étude de risque pour tenter de se dédouaner, au lendemain de l’effondrement.

« On n’en peut plus »

Trois ans après l’arrêt du chantier, l’attente est interminable pour les parents de Nelly Le Goff. « On n’en peut plus », lance Paul-Marc Prigent, depuis les marches du palais de justice. Les travaux de démolition et de reconstruction nécessaires à la sauvegarde du bâtiment, ce sont eux qui les ont financés pour près de 90.000 €. Endettés, leur premier hiver, Nelly, Philippe et leur jeune fils l’avaient passé dans un abri de fortune. Avant d’être pris en charge par les services sociaux de la commune, l’hiver dernier. Faute d’argent, ils ne sont plus en mesure de financer l’achat des portes et fenêtres, ni les travaux d’isolation. Alors, dans l’attente d’une décision de la justice, la solidarité joue à plein à Migné-Auxances. De quoi leur assurer un minimum de confort pour l’hiver, dans l’attente de la décision du tribunal. Elle sera rendue le 19 novembre.

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