Avec l’association Trèfle, les bébés apprennent à nous faire signe

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Carmen Flament agite les mains, évoque l’animal qui se trouve dans le livre d’images que tient le petit Arthur. Deux autres bambins s’agitent en silence autour de lui. L’un tient un cube et répond à l’invitation de sa maman qui lui fait signe…

Étrange pantomime

Cette étrange pantomime serait sans doute un bon moment à vivre pour une enseignante de maternelle, un repos pour ses oreilles. Mais il ne s’agit point là d’un exercice de relaxation pour les gamins. L’affaire est prise très au sérieux par les mamans qui se retrouvent dans les locaux de l’association Trèfle chaque mardi, en fin matinée, derrière la gare d’Arras.

Les enfants ont entre six mois et deux ans. À cet âge, un enfant dit normal oralise peu et a parfois du mal à se faire comprendre autrement que pas des cris. Le langage des signes est donc aussi une bonne façon d’échanger avec son enfant.

Pour Marie Vanmackelberg, une maman qui n’est pas sourde, c’est tout naturel de faire participer son enfant, même s’il n’est pas sourd. « Je suis sensibilisée à la langue des signes, c’est une langue comme une autre. Je communique mieux avec mon enfant et je suis à l’écoute. Au lieu de crier, il me fait signe qu’il veut dormir, qu’il a faim… » Pour Carmen, il s’agit plus d’une imprégnation que de cours. « À cet âge, les bambins apprennent les basiques, quelques signes simples. Les mamans jouent avec leurs enfants qui se socialisent avec d’autres, regardent des livres, partagent les jouets… »

La majorité des mamans qui participent à l’atelier sont malentendantes et y voient une occasion de développer le langage avec leur enfant qui est ou non atteint de surdité.

Se parler sans l’oralité

Car contrairement à ce que l’on croit, c’est l’oralité qui est considérée encore comme le facteur d’intégration. Mais l’oralité des sourds est plus ou moins comprise par les entendants.

La langue des signes vient ensuite comme un recours et une façon de se parler entre sourds. C’est le cas à l’institut des jeunes sourds. D’où l’existence de l’association Trèfle, présidée par Lobry, un entendant qui est devenu traducteur dans la langue des signes.

Association Trèfle, 6, rue de la République, à Arras, 03 21 48 86 20. contactlsf@trefle.org

http://www.trefle.org/

Horaires : de 10 h à 11 h, tous les mardis. Inscription : 150 € pour l’année (c’est possible par trimestre).

L’association propose également des cours de langue des signes pour les enfants dès 9 ans, les mardis de 17 h 30 à 18 h 30, même adresse (120 € l’année).

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