Théâtrales 29. Le théâtre, entre Mains et regards

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Quatre sourds et deux entendants se partagent la scène dans Les Racines de l’histoire sourde, un spectacle accessible à tous. Le groupe a bénéficié de la mission conseil de la Maison du théâtre.

Avec les Théâtrales 29, 38 troupes de théâtre amateurs montent sur les planches du Finistère. Parmi elles, Mains et regards, section théâtre de l’Amicale des sourds du Finistère.

Des sourds sur scène, interprétant une pièce sur leur histoire : l’idée a de quoi intriguer. La langue des signesfranchit malheureusement rarement les portes des théâtres, privant les sourds d’un loisir incontournable et participant à scinder le monde en deux catégories : les sourds et les entendants. Une situation que la section théâtre de l’Amicale des sourds du Finistère tente de combattre.
À son actif en seulement deux ans, déjà deux pièces écrites et interprétées. La première Ma vie de sourdcontait le quotidien et les difficultés des sourds. La seconde, Les Racines de l’histoire sourde nous plonge aux XVIIIe et XIXe siècles, dans le combat de l’abbé de L’Épée« Dans les écoles, on ne parle que de l’histoire de la société entendante, regrette Lionel Cloître, metteur en scène, lui-même sourd. Or, c’est important de faire connaître notre histoire. »

Une pièce en hommage

Dans le cadre du tricentenaire de la naissance de l’abbé de L’Épée, la troupe brestoise a voulu mettre en lumière cet homme remarquable. « Il a rassemblé des enfants sourds, à l’époque rejetés de la société, dans sa maison à Paris. Il leur a transmis un enseignement à l’écrit puis a ouvert la première école au monde pour les sourds . »
Mais le Congrès de Milan, en 1880, met fin à l’émancipation. « La langue des signes est interdite au profit de la méthode orale. » Les sourds sont à nouveau marginalisés, poussés à oraliser, quels qu’en soient les traumatismes. La langue des signes devient celle de l’intimité qu’on utilise en cachette. Et ce jusqu’à la décennie 1970.
Depuis, la situation s’est améliorée. Fort heureusement. Mais un long chemin reste à parcourir. « C’est ancré. Beaucoup ont encore honte de parler la langue des signes devant des entandants et beaucoup ont dans l’esprit qu’ils ne sont pas capables. » De faire du théâtre notamment. Avec cette pièce, Lionel Cloître souhaite donc « provoquer un réveil ». En langue des signes aussi, il est possible d’interpréter et de transmettre des sentiments. Les sourds doivent oser !
Mais le réveil n’est pas unilatéral. Les entendants doivent eux aussi s’ouvrir aux sourds. Venir découvrir la pièce de Mains et regards est un premier pas. « Sur scène, il y aura quatre sourds et deux entendants qui mettront de la voix sur la langue des signes. » Selon la volonté de la section théâtre, la pièce est donc accessible à tous.

Pratique : Dimanche 2 juin, 15 h,  Espace du Roudaut à Saint-Martin-des-champs. Tarifs : 6/3 euros ; gratuit moins de 12 ans.

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