Un projet de collège pour les sourds

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Massy, école Roux-Tenon, hier. Une classe primaire en langue des signes est en place depuis cinq ans à Massy. Le président PS du conseil général, Jérôme Guedj (à droite), espère étendre le dispositif au collège Gérard-Philipe à la rentrée 2014

Ils sont en CE1, CE2 ou CM 1 pour les plus grands. Dans quelques années, ils iront étudier au collège. Oui, mais dans quel établissement? Car pour ces douze enfants sourds scolarisés à l’école Roux-Tenon de Massy, il n’existe pas de solution après la primaire. « Nous voulons vous dire notre inquiétude parce qu’en septembre 2014, nous irons au collège, en 6e. Mais il n’y a pas encore de collège prêt à nous accueillir. Nous voulons rester avec nos camarades entendants, nous voulons grandir avec eux ». Ce souhait qu’il lui avait écrit il y a quelques semaines, le petit Enzo l’a reformulé hier au président (PS) du conseil général, Jérôme Guedj

La ministre sensibilisée

L’élu est venu rendre visite à Enzo et ses camarades pour faire le bilan de cette classe novatrice en Essonne. Depuis cinq ans, sous l’impulsion de l’association « Les yeux pour entendre », de la ville et du conseil général, une classe bilingue — langue des signes française (LSF)/français écrit — a été créée et les cours assurés par une enseignante sourde signante (qui s’exprime en langue de signes). « Certains suivent quelques cours, comme les mathématiques avec les élèves entendants et tous vont au sport ou à la cantine avec eux », décrypte celle-ci. « Maintenant, on se connaît bien, raconte un petit garçon. On a dit aux entendants comment ils doivent faire pour nous interpeller. Il faut qu’ils nous touchent l’épaule ».
Une visite qui marquait surtout le « début de l’opération de lobbying » du président du département pour la création d’un collège bilingue à la rentrée 2014. « On doit être prêt afin de donner toute leur chance à ses enfants sourds. Pour cela, il va falloir être imaginatif », explique celui qui est par ailleurs coprésident à l’assemblée nationale du groupe d’étude sur la LSF. Imaginatif, il n’existe en France qu’une poignée de classe de collège de ce type. Noisiel (Seine-et-Marne), Poitiers (Vienne) et Toulouse (Haute-Garonne) en possèdent une.
La classe pour les collégiens sourds naîtrait au collège Gérard-Philipe. « C’est l’établissement le plus proche de Roux-Tenon et nous l’avons rendu accessible aux sourds il y a quelques années. Il y a par exemple des flashs lumineux en guise de sonnerie », explique Jérôme Guedj. « Nous ne voulons pas que ça rentre dans le champ médico-social, prévient David Beddock, de l’association des parents d’enfants sourds, car on connaît les limites. Certains ne pourront pas y accéder parce que pas assez sourds. Les programmes ne sont pas les mêmes et les cours entrecoupés de soins. Nous, nous ne voulons pas être dans la réparation, mais dans la citoyenneté. Le temps scolaire, c’est le temps scolaire ».
Une réunion avec l’inspection d’académie est prévue en juin et la ministre de la Réussite éducative, George Pau-Langevin, a prévu de visiter la classe de Roux-Tenon. Elle a indiqué dans un courrier à Jérôme Guedj qu’elle allait « voir ce qu’il est possible de faire pour assurer une poursuite de la scolarité dans des conditions satisfaisantes pour ces enfants ».

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1 COMMENT

  1. Espèrons qu’il y aura ouverture de classe bilingue au collège de Massy,par respect des sourds et sage idée de ne pas faire entrer dans le champ médico-social,l’éducation n’est pas la médecine!…et à s’adapter matériellement au respect de tous,à l’accessiblilité pour tous.sourdialement

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