Pour que les sourds ne soient plus invisibles

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Dans quelques jours, Philippe Balin (au centre) et Gérard François retourneront à l’Assemblée nationale défendre la cause des sourds, au côté de Marianne Dubois.

Responsable d’une association gérant l’accueil de personnes sourdes à Oucques, Philippe Balin dénonce les discriminations dont elles sont victimes.

C‘est un véritable coup de gueule sur le problème de la surdité en France que nous voulons pousser, lance Philippe Balin, directeur général de l’association Apirjiso, qui gère notamment des établissements à Oucques (lire par ailleurs), nous attendons une véritable prise en compte de ce handicap par les pouvoirs publics, ce qui n’est pas suffisamment le cas aujourd’hui.

Le mois dernier, Philippe Balin était à l’Assemblée nationale avec Gérard François, sourd et ancien enseignant spécialisé, à l’invitation de Marianne Dubois, députée UMP du Loiret. Il y retournera dans quelques jours, avec le même objectif : obtenir la réactivation du groupe parlementaire sur la langue des signes, que présidait Marianne Dubois.
Pour Philippe Balin, il y a urgence. « Les personnes sourdes et malentendantes sont invisibles, dit-il, ici, à Oucques, nous avons 90 personnes sourdes dont une très grande majorité relevant de handicaps rares (*)».
Les sourds et malentendants subissent diverses discriminations, selon le directeur général : accès aux soins, car peu de médecins sont formés à la langue des signes, mais aussi, pour la même raison, à l’éducation et aux études supérieures, ainsi qu’au travail, que ce soit dans les circuits ordinaires ou protégés.
Philippe Balin pointe aussi du doigt la modestie des aides financières pour son établissement : « L’Etat, via les crédits qu’il transfert à l’ARS (agence régionale de la santé) nous verse 11.772 €/an par résidant, contre 12.500 € à 15.000 € dans les autres régions. » Avec des conséquences sur le recrutement du personnel et la modernisation des bâtiments. Pour compléter ce sombre tableau, l’Esat de Oucques n’a jamais compris pourquoi il avait été écarté du Schéma national d’organisation sociale pour les handicaps rares 2009/2013.
« En 2002, nous étions en pointe, aujourd’hui, nous sommes en queue de peloton, constate Philippe Balin, car l’aggravation du handicap des personnes qui nous sont confiées ainsi que la complexité du handicap rare ne sont pas prises en compte par l’Etat ou très peu. Heureusement, le conseil général a déployé de nouveaux moyens pour nous aider efficacement. »
C’est cependant des conclusions du groupe d’études parlementaire que Philippe Balin attend beaucoup : « Il y a un véritable manque de structures spécialisées et de personnel qualifié et formé à la langue des signes ».

(*) Mère d’un enfant sourd, elle est à l’origine de la création du groupe d’études parlementaire.

repères

> L’Association interrégionale pour personnes sourdes et malentendantes (Apirjso) gère 9 établissements dont l’Esat Le Clair Logis de Oucques. Elle compte 250 salariés
et 180 usagers.
> L’agrément lui permet d’accueillir des enfants, adolescents et adultes sourds avec handicaps associés.
> L’Esat a été repéré comme modèle exportable dans la Nièvre (foyer occupationnel) et à l’étranger : le gouvernement de l’Ile Maurice a un projet en cours de réalisation et le Bénin est intéressé..

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