La langue des signes pour s’ouvrir aux autres

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À l’initiative de l’association Les agitateurs de culture, Christelle (à gauche), sourde, a animé le stage d’apprentissage de la langue des signes française destiné aux enfants.

Vacances studieuses ces enfants et ados qui ont appris à Pornichet la langue des signes. Ce stage passionnant a fait changer le regard des participants…

Reportage

De mercredi à hier, 14 enfants de 6 à 13 ans ont suivi le stage d’apprentissage de la langue des signes française, à l’espace Camille-Flammarion de Pornichet. Zoé, 12 ans, explique : « J’ai souhaité apprendre la langue des signes par curiosité et aussi pour parler avec une copine de gym malentendante. » Léa et Charlotte font aussi partie des stagiaires : « Nos parents sont sourds, et même si nous parlons avec eux depuis notre naissance, nous utilisons notre propre code en famille. En assistant à ces cours, nous avons envie d’en apprendre davantage, pour communiquer plus facilement. »

Valérie Glémot, formatrice en langue des signes, assiste Christelle Pradeepan pour ce premier cours destiné aux enfants. Elle-même malentendante, Valérie explique son parcours en utilisant la langue des signes : « J’ai débuté avec les agitateurs de culture, il y a trois ans, dans le cadre du festival des Renc’arts. Puis, très vite, j’ai commencé une formation d’animatrice de langue des signes française. Il y a très peu de personnes sourdes à pratiquer ce métier. »

Bases acquises au bout de trois jours

La langue des signes française est destinée aux personnes malentendantes de langue française à l’oral : « La langue des signes est différente selon la région. C’est un peu comme lorsque l’on est à l’étranger et que l’on s’exprime avec les mains. Les sourds entre eux communiquent en associant aux signes beaucoup plus d’expressions du visage. C’est en cela qu’elle est universelle », précise Valérie. Pendant trois jours, les enfants apprennent les bases de la langue des signes. À l’aide d’une fiche retraçant les signes alphabets, ils peuvent épeler leur prénom et se familiariser avec le vocabulaire lié à la famille, à la politesse, aux couleurs et aux animaux. À la fin du stage, les jeunes initiés à la langue des signes ont pu réaliser des petits contes avec les signes qu’ils ont appris.

C’est une première pour Christelle, qui souhaite devenir formatrice. Installée à Pornichet depuis deux ans, elle a intégré l’association des agitateurs de culture et donné son aide au festival des Renc’arts. Ses trois enfants lui ont demandé à apprendre la langue des signes. « Par cet enseignement, j’ai l’impression de changer les regards, de communiquer vraiment. » Son projet ? Créer une association des amis sourds sur la Presqu’île pour échanger entre entendants et sourds « Il y a beaucoup de sourds qui restent seuls chez eux et qui souhaitent se réunir pour faire des activités. »

Source : http://www.ouest-france.fr © 9 Novembre 2012 à La baule

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