Le festival de cinéma fait une large place au monde des sourds

0
46
Bénédicte Veillet, Laure Boussard et Laëtitia Morvan
Bénédicte Veillet, Laure Boussard et Laëtitia Morvan

Pour la quatrième année consécutive, des sourds participent au Festival de cinéma de Douarnenez. Une occasion unique de rencontrer cette communauté et sa culture.

«Cette année, nous participons pleinement au Festival de cinéma, se réjouit Laëtitia Morvan, présidente du collectif des sourds du Finistère. Nous sommes une minorité linguistique et culturelle et nous profitons de ce festival pour faire passer beaucoup d’informations. Les entendants apprennent à connaître ce qui caractérise notre communauté». Cette année à Douarnenez (29), 19interprètes professionnels en langue des signes française (LSF) ont accepté de venir passer la semaine, de manière volontaire et bénévole (il y a quatre ans, ils étaient deux). Ils assurent un accueil durant le festival et se relaient pour traduire les débats et les rencontres d’après films. Jeudi et vendredi, ils animeront des ateliers d’initiation à la LSF. Une conteuse, un enseignant en LSF, un chargé de cours à Paris8, un comédien et une psychologue, tous sourds, sont invités par le festival à venir partager leur expérience. Cinq films sur le sujet sont programmés ainsi qu’une exposition. Vendredi, à 18h, un débat portera sur la question de l’accès des sourds à l’éducation, leur droit à une langue. En fin de semaine, un spectacle de jonglage, des clips et des courts métrages, tous produits par des sourds, seront à voir.

Des besoins d’un côté des chômeurs de l’autre 

«Les interprètes en langue des signes viennent-ils d’une autre planète?» sera le thème d’un autre débat, proposé samedi, à 15h, précédé de la projection d’un documentaire, «Signer la vie», portrait d’une interprète qui accompagne les sourds dans les grands et les petits moments de la vie. «Il n’y a pas assez d’interprètes en France, déplore Laure Boussard, interprète professionnelle. Ou, plus exactement, pas assez de postes de travail financés. On commence à avoir des interprètes formés, avec un master 2, mais paradoxalement, ils ne trouvent pas de travail. Alors qu’il y a des sourds et des entendants qui ont besoin d’interprètes. La vie a besoin d’interprètes!».

Source : http://www.letelegramme.com © 21 Aout 2012 à Douarnenez

Écrire un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.