J.-Noël : « Mon handicap, c’est ma force »

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Jean-Noël est fier de son parcours mais souhaite rappeler qu’il n’est pas le seul à avoir réussi.

Jean-Noël, 23 ans, est sourd. Diplômé aide-soignant en juillet dernier, il vient d’être embauché à l’Ehpad de Rezé.Tout juste diplômé de l’école d’aide-soignant d’Ancenis, c’est un contrat à durée indéterminée que Jean-Noël vient de signer à la maison de retraite médicalisée de Rezé.

Il rompt avec la tradition familiale, bouchers de pères en fils à Châteaubriant. Face à lui, son interface Amandine est en retrait, elle s’efface pour devenir la voix de Jean-Noël. Avec une collègue, elles ont suivi l’étudiant sourd lors ces dix mois de formation. « Je ne peux pas prendre de notes quand je regarde Amandine ou l’autre interface mais la plupart des profs nous donnaient des PowerPoint », se souvient Jean-Noël.

L’équipe pédagogique d’Ancenis s’est habituée à signer pour saluer. Certains élèves de la promo ont même appris la langue des signes. « Mon handicap est devenu ma force », estime l’aide-soignant de 23 ans.

Aujourd’hui, au travail, il est autonome. Pas besoin de la présence d’une interface. Comme ses 90 camarades de l’école, il noue des relations avec les résidents. « J’apprécie qu’ils me racontent la guerre, j’essaye de comprendre ce qu’ils ressentent. C’est un métier ou il faut savoir être à l’écoute. »

Grâce à une communication alternative par le mime ou l’écrit. Avec beaucoup d’humour et d’énergie, il raconte son métier, en signant avec les mains. C’est parfois l’accès à l’information qui lui fait défaut lors de réunion par exemple. « Il faut que l’équipe soit plus précise et simplifie son discours. Une personne retranscrit ce qui se dit. Mais elle résume souvent et sa prise de note est subjective. » Grâce à la loi d’égalité des chances pour les personnes porteuses d’un handicap, son employeur reçoit un budget alloué à des aides techniques ou humaines.

Se rêvant médecin, Jean-Noël a été orienté au lycée vers un bac sciences et technologies de la santé et du social ST2S. Il prévoit de reprendre les études d’ici cinq ans pour réaliser une école d’infirmier. Un parcours qui n’est pas singulier. Deux de ses amies, Laura et Marie-Estelle, ont également été diplômées à l’école d’aides-soignants de Nantes.

Source : www.ouest-france.fr © 25 Juillet 2012

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