Silence, ils jouent…

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Une équipe de sourds-muets, émanation de l’USST, a pris racine à l’Étoile Bleue de Saint-Cyr.

Première victoire contre Noizay.

Une chaîne de solidarité qui vous fait aimer la nature humaine.

Arnaud Damoiseau passe à Michel Brachet qui passe à Thierry Lizé qui passe à l’Étoile Bleue de Saint-Cyr qui repasse à Michel Brachet qui passe à Émilie Pornet qui passe à Arnaud Damoiseau. Maintenant, on explique le tour de passe-passe.
Arnaud Damoiseau, vice-président de l’Union Sportive des Sourds-muets de Touraine (entité qui disparaîtra en septembre) rencontre son kiné Michel Brachet, altruiste, le cœur sur la main. « Je lui ai dit que je voulais monter une équipe de foot et je lui ai demandé de me donner un coup de main… On est dix à vouloir pratiquer le foot loisirs ».

Comme les autres

Michel Brachet, l’ancienne gloire du FC Tours, kiné réputé (et désormais retraité golfeur de base), sollicite au district Thierry Lizé, la générosité personnifiée, qui accepte d’accueillir en cours de saison cette équipe si spécifique. Ça tombe bien, il y a une équipe qui a déclaré forfait, libérant une place.
Reste à trouver un terrain d’entraînement. Michel Brachet sollicite l’Étoile Bleue de Saint-Cyr qui accepte d’accueillir cette nouvelle section.
Arnaud Damoiseau raconte : « On s’entraîne parfois avec l’équipe trois. Nos adversaires, Vouvray, Noizay, l’Avenir FC, Saint-Antoine-du-Rocher, Rochecorbon nous ont superbement accueillis. On a même trouvé un sponsor, Émilie Pornet. »
Et Michel Brachet a mis aussi la main à la poche (il ne va pas être content car il ne voulait pas que cela soit écrit. Tant pis…)
Moralité : voilà, vous savez tout sur cette belle chaîne de solidarité qui épate dans une société où les gens ont souvent peur de l’autre qui a un handicap ou qui n’a pas la même couleur qu’eux… Entre étranger et étrange, elle entretient la confusion.
La conclusion : elle est signée Arnaud Damoiseau au si joli nom : « On a l’impression d’être comme les autres en jouant au foot… » Même si ce n’est pas toujours facile.
Les sourds-muets préfèrent, par exemple, avoir un arbitre qui agite un chiffon pour signifier une faute. Ils préfèrent avoir un entraîneur qui leur fait des signes pour les prévenir qu’un adversaire arrive par-derrière.
Il faut savoir que les sourds-muets ôtent leur appareil quand ils jouent et vivent alors dans le silence.
« On aime que cela soit bien cadré, en fait, cela nous permet d’avoir des repères. Chez les loisirs, c’est de l’auto-arbitrage et ça nous déstabilise parfois ».
Pas facile non plus de s’organiser : ce qui est simple pour le commun des mortels peut devenir compliqué pour un malentendant : « Quand un match change d’horaire ou de jour, il faut rester vigilant sur notre portable. Après, on communique par SMS, ce qui est plus facile. »
Les joueurs-comme-les-autres se posent cependant des questions : « On est dix, ce n’est pas assez. Alors, on va opter pour le futsal la saison prochaine. »
Le ballon sera tout aussi rond et l’intégration sera tout aussi vitale. Ils jouent simplement en silence.

Infos : 6.7.80.24.88.

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr © 12 Juin 2012 à Tours

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