On signe pour Nolan

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Emmanuel et Soizick Lucas-Pothin avec leurs enfants Nolan et Kenaïg.

Ils se battent pour l’ouverture d’une classe de CP en langue des signes française (LSF) en sud Loire.

Soizick et Emmanuel Pothin-Lucas, parents de trois jeunes enfants, sourds de naissance comme eux, se démènent depuis trois ans, pour faire aboutir leurs droits, à savoir «la liberté de choisir pour leurs enfants ». Sans succès. Si la ville les accompagne dans leurs démarches, « J’inspection académique reste passive ». « Depuis la loi de 2005 sur l’égalité des chances, les enfants  sourds peuvent être scolarisés au sein de L’Éducation nationale et dans une école de proximité tenue de les accueillir » explique en langue des signes Emmanuel Lucas, le papa de Nolan, 5 ans et demi, Kenaïg, 3 ans et demi et Awena, 16 mois.. Nolan est en grande section à la maternelle Célestin-Freinet aux Couëts, classe intégrant deux autres enfantsourds. « Ils sont accompagnés par des auxiliaires de vie scolaire mais qui ne sont pas des enseignants, explique Soizick Pothin, la maman. Les enfants ne sont pas handicapés, ils ont juste des problèmes de communication. Pour leur passage en primaire, on demande qu’ils puissent bénéficier d’une scolarité en langues des signes tout en apprenant le français écrit ». Le couple ne comprend pas les arguments de l’inspection académique. « On nous a dit que J’ouverture de classe n’était pas liée au nombre d’élèves et que le recrutement de I’enseignant en LSF était de notre responsabilité».

«  L’éducation nationale n’a lanaucun appel à candidature »

« L’Éducation nationale n’a lanaucun appel à candidature déplore Emmanuel Lucas. L’association des parents d’enfantsourds et entendants de Loite-Atlantique (Apes), qui nous épaule, en a trouvé deux >> Le jeune père cite le cas de familles qui ont déménagé à Toulouse, Massy ou Poitiers où des classes LSF existent. «Nous voulons rester ici et nous battre pour des créations de classes. Il n’en existe aucune en Loire-Atlantique, ce n’est pas acceptable ». Très inquiets pour la rentrée 2012, Soizick Pothin et Emmanuel Lucas, s’interrogent pour leur fils. « Il va aller où en septembre? On ne sait pas! On ne veut pas l’inscrire dans une école «classique» ni dans un institut. Alors, il va se construire comment ? ». Des interrogations pour l’instant sans réponse.

P. Nicolon :«Unqprojet intéressant »

Si Bouguenais accompagne le projet de l’Apes, « c’est à l’éducation nationale que  reviendra la décision d’ouvrir une classe unique en langue des signes» souligne Patrick Nicolon, adjoint à l’éducation. Ensuite, le bureau municipal se prononcera. «C’est une démarche intéressante mais il faut poursuivre les discussions ensemble et aussi avec les autres communes du sud Loire. On cherche à savoir comment ça marche ailleurs ». Un déplacement à Poitiers «a montré qu’une classe fonctionnait bien avec l’intervention, une heure par jour, d’un enseignant en langue des signes poursuit l’élu. Il faut voir ce qui est le mieux pour les enfants ». La ville est prête à fournir les locaux. Sans doute à l’école Urbain-Le-Verrier.

Manifestation de l’Apes le 28février

L’Association des parents d’enfants sourds (Apes) appelle à un rassemblement mardi 28 février à partir de 8 h devant l’inspection académique à Nantes. L’Apes milite pour que les enfants sourds puissent suivre une scolarité en langue des signes tout en apprenant le français écrit. «Sion se focalise sur la rééducation, on oublie l’éducation» souligne Soizick Pothin. Toute jeûne, Soizick a intégré l’institut de La Persagotière (établissement pour la rééducation, la scolarisation et l’insertion ; professionnelle des jeunes déficients auditifs) avant de suivre un second cycle en intégration dans un lycée de Nantes. «Je maÎtrise bien la langue des signes mais pas le français, commente-t-elle. J’ai dû faire beaucoup d’efforts pourm’adapter ».

Inspection académique

Soizick est «très attachée à la langue des signes.»

La famille Pothin-Lucas a rencontré l’inspection académique en octobre dernier. « Depuis cette date, nous appelons tous les mois mais n’obtenonsjamais de réponse, soulignent-ils, désappointés. On parle du bilinguisme anglais ou breton qui reste de la découverte. Pour nous, la langue des signes française, c’est vital ». L’Inspection académique n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Source : http://www.presseocean.fr © 23 Février 2012 à Nantes

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