En pleine crise, plus question pour la mairie de Champs-sur-Marne de prendre en charge les frais de cantine des écoliers n’habitant pas la ville. Du moins tant que leur commune ne mettra pas elle aussi la main à la poche. Les élèves visés sont surtout ceux de la Clis, la classe d’intégration scolaire pour enfants handicapés. Depuis le 1er janvier, la municipalité PC de Champs a décidé de faire payer aux familles non résidantes le coût réel des repas scolaires.

Au lieu des 5 € par repas, il leur faudra désormais débourser 11 € pour les primaires et 13 € pour les maternelles.

De 11 € à 13 € le repas au lieu de 5

« La classe de l’école des Trois-Parcs est la seule de toute l’académie de Créteil qui permet l’apprentissage en langue des signes pour les enfants sourds. Certains élèves viennent de loin et ne peuvent pas rentrer déjeuner chez eux. Ils n’ont pas d’autres choix que de payer la cantine. Or, ce sont souvent des familles modestes, qui vont avoir des difficultés à payer », dénonce Catherine Vella, présidente de l’association Apes-77 et porte-parole des parents.
Une incompréhension d’autant plus grande que les parents ont reçu l’annonce par un courrier du 23 décembre, pour une entrée en vigueur au 1er janvier. « Impossible de se retourner ou de s’organiser », regrette la présidente, dont l’enfant est également élève à Champs. Pour la mairie, « il n’est pas question de faire supporter aux familles l’augmentation ». « Mais, dans le contexte actuel, chaque euro est compté. Depuis de nombreuses années, les habitants de Champs sont les seuls à supporter, par l’impôt local, le coût de ces structures, dont la plupart des enfants viennent d’autres communes. Les travaux de mise aux normes coûtent cher et personne ne nous a aidés. Il faut que les villes participent », tempête Maud Tallet, la maire PC.
Champs a donc proposé à chaque commune concernée de signer une convention pour prendre en charge une partie du coût du repas. La plupart des communes résidentes s’y sont engagées. « Du point de vue de la méthode, c’est indigne. On met des gens déjà fragilisés dans une situation très compliquée, alors qu’ils ont besoin d’accompagnement et de soutien », dénonce Arnaud de Belenet, mairUMP de Bailly. A Lagny, qui aidera les familles par des aides sociales, le maire Patrice Pagny (SE) dénonce des « tarifs prohibitifs ».
D’autres municipalités, comme Gouvernes, refusent même de mettre la main au portefeuille. « Nous payons déjà 3 000 € de frais de scolarité. Y ajouter le prix de la cantine est impossible pour une commune avec un petit budget comme la nôtre. L’assistance sociale affirme que la famille de Gouvernes concernée dispose de revenus suffisants. Sinon, le père, qui est en disponibilité, devra venir récupérer ses enfants le midi », assure Jean Tassin, premier adjoint de la commune.
« Nous avons l’impression d’être pris en otage, au cœur de différends politiques qui nous dépassent. En attendant que les conventions soient validées, les familles devront payer. Et certaines ne savent pas comment », regrette Catherine Vella.

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