Sandrine Basset, un guide sourd qui met le Louvre sur la bonne voie

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Sandrine Basset, une jeune Lilloise qui guide les sourds entre les oeuvres sur les Trois Grâces.

Pour la suivre cet après-midi de la chapelle Saint-Pry au Lab-Labanque, il faudra comprendre sa langue. Sandrine Basset est guide sourd. Elle signe.

L’interview qu’on sollicite, Sandrine Basset ne la fera pas seule. On ne parle pas le même language. Elle signe et n’entend pas. On entend mais ne signe pas. Nous voilà donc face à Sandrine, jeune Lilloise de 32 ans, souriante et pleine de vie, et son interprète du jour Fanny Maugard, intervenante artistique à Signes de sens, sans qui ces lignes n’auraient jamais été écrites. Cette interprète qui ne sera pas là ce jour pour la visite des expositions du Louvre à la chapelle Saint-Pry et au Lab-Labanque. Cette fois, le rapport à l’interlocuteur sera direct. Comprenez que Sandrine est guide sourd, qu’elle s’adresse directement à des malentendants, ou tout du moins à des visiteurs s’exprimant dans la langue des signes française (LSF). La seule condition indispensable pour suivre la jeune femme. « C’est important ce contact direct dans le sens où je m’adapte plus facilement au public,explique-t-elle. Je peux faire plus attention puisque je suis directement en contact avec lui. Avec un interprète, c’est plus compliqué. » Il convient de fait pour le guide d’être un vrai spécialiste de la chose culturelle. Un puits de savoirs qui signe. Sandrine l’est. Elle qui a étudié l’histoire de l’art à St-Luc, qui a reçu une formation sur les deux expositions. Elle, tellement habituée à guider sur des expositions contemporaines, constate : « C’est très différent. Là, le Louvre, c’est dans la chapelle, on parle des Trois Grâces. » De cette formation sur une journée découlent trois semaines de recherches sur les oeuvres, les artistes. Pour que le guide devienne incollable.

Ce qu’elle s’efforce à faire depuis la fin de ses études. D’autant que « ç’aurait été dommage de changer pour faire un autre travail ». L’opportunité s’ouvre avec Signes de sens dont elle est salariée. Elle profite aussi d’une évolution positive. « Au début, Signes des sens demandait des visites pour sourds aux musées. Maintenant, c’est l’inverse. Les musées prennent enfin en compte l’accessibilité. Mais ça n’est pas fini.

Il faut encore se battre. » L’arrivée du Louvre à Lens est forcément une autre « bonne nouvelle ». Elle y organise déjà des visites dans la Maison du projet. L’accessibilité pour les sourds serait-elle sur la bonne voie ? Il faut peut-être y voir un signe.

Source : http://www.lavoixdunord.fr © 6 Novembre 2011 à Béthune

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