La langue des signes adoptée au lycée Picasso de Bron

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Handicap. Eric Dinée a fait sa rentrée au collège Picasso, en tant que professeur principal. Sa classe compte seulement trois élèves qui travailleront en langues des signes certaines matières dont les maths, le français…

« En troisième, les professeurs ont estimé que je n’avais pas de notes assez bonnes. On voulait m’orienter vers la couture ou bien la mécanique. Ma mère a refusé ». Eric Dinée, 39 ans, est finalement devenu professeur de langue des signes (LSF). Il s’agit l’un des rares enseignants à posséder le CAPES en LSF créé en 2010 (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire).

Hier, il a fait sa rentrée au collège Pablo Picasso, à Bron, en tant que professeur principal d’une classe de sixième. Une classe particulière : trois élèves seulement travailleront en langues des signes les mathématiques, le français, l’histoire-géographie, l’éducation physique et sportive avec des enseignants bilingues. Ils bénéficieront, par ailleurs, de quatre heures de LSF chaque semaine.

Le parcours d’Eric Dinée témoigne aussi de la (lente) progression de la reconnaissance du handicap. « Avant, l’enseignement pour les sourds était très différent. La loi de 2005 a facilité les choses », poursuit-il en langage signé (1) Pour entrer en seconde, il est allé au lycée Jules-Renard, à Nevers, rare établissement à posséder alors une section pour les déficients auditifs. Après son bac, il a obtenu une licence de biologie et est parti enseigner à Toulouse. Là encore, une ville qui possède un temps d’avance en matière de prise en compte de la surdité.

De retour à Lyon depuis quelques années, le voici ravi de participer à l’ouverture de cette classe LSF à Bron. Cela fait longtemps que le collège, comme d’autres dans le Rhône, accueille des enfants malentendants. A cette rentrée, six autres sont d’ailleurs partiellement intégrés dans des classes ordinaires de l’établissement brondillant.

Pour l’Éducation nationale, il s’agit d’inciter les parents à scolariser leurs enfants dans un collège ordinaire. L’inspectrice d’académie adjointe, Marilyne Remer, défend cette possibilité offerte, en dépit du petit nombre d’inscrits cette année. L’initiative repose aussi sur la motivation de l’équipe du collège. Ainsi l’une des enseignantes s’est ainsi formée en bonne partie sur son temps et deniers personnels. Deux autres insistent sur leur besoin de formation complémentaire. Gérard Poirot, le principal du collège entend bien ouvrir des « clubs langue des signes » pour inciter les élèves et les professeurs à communiquer. « S’il s’agit de faire une classe LSF dans son coin, cela n’a aucun intérêt […] il s’agit d’un projet d’inclusion dans la société » insiste-t-il.

(1) Loi sur la scolarisation des enfants handicapés

Source : http://www.leprogres.fr © 6 Septembre 2011 à Lyon

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