Aux impôts Arnaud Monnier aide les sourds

0

Natif de Guingamp, il est agent des impôts. Hier, à Guingamp, il assurait une permanence pour les personnes sourdes et malentendantes.

Arnaud Monnier et Nicole Baher, une habitante malentendante de Ploumagoar, venue demander conseil hier matin au centre des impôts.

Il travaille à Saint-Brieuc, mais affiche fièrement ses origines guingampaises. À 38 ans, ce fonctionnaire a une « différence » comme il le dit lui-même. Il porte une prothèse auditive depuis l’âge de deux ans à l’oreille droite. Cholestaome, c’est le nom de la tumeur qui le prive d’une audition normale. « J’ai été opéré quand j’étais enfant à l’hôpital Necker à Paris, mais l’intervention n’a pas donné les résultats attendus. Aujourd’hui, je n’entends que de mon oreille droite grâce à la prothèse », explique-t-il.

Malgré ces problèmes d’audition, Arnaud Monnier a suivi un cursus scolaire classique. École de la Madeleine, collège de Kerpaour, lycée Montbareil, puis BTS en comptabilité au lycée Pavie. « Au collège c’était dur, toujours au premier rang, les autres me mettaient à l’écart et j’avais du mal à suivre les cours, mais en quatrième j’ai été équipé d’un boîtier, ça a changé ma scolarité, je suivais plus facilement », se souvient-il. Avec le soutien de ses parents, il s’accroche. « On n’est pas du genre à baisser les bras dans la famille », commente avec le sourire le Guingampais.

Langue des signes

En 1996, il passe les concours de la fonction publique et devient agent des impôts. « Lorsque je suis arrivé au centre des impôts de Saint-Brieuc, on m’a proposé de suivre une formation à la langue des signes française au centre Jacques-Cartier, j’ai accepté. »

En 2004, Arnaud Monnier décroche le niveau 1 après six semaines de formation, il a assimilé le vocabulaire de base. En 2005, il est titulaire du niveau 2 et peut retransmettre une conversation orale avec les mains. Reste le niveau 3, celui de l’interprétariat. « J’y songe », lâche le fonctionnaire.

Aujourd’hui, il est un des trois agents du département qui assure des permanences à Guingamp, Lannion et Saint-Brieuc. « La langue des signes c’est comme n’importe quelle langue, il faut la pratiquer sinon on perd tout ! » Il l’utilise d’ailleurs en dehors du contexte professionnel. Avec un ami parisien, ils ont commencé en même temps leur apprentissage. « Quand on se voit on fait des apartés en langage des signes, c’est notre truc à nous, personne ne comprend », dit-il en rigolant.

Il reste pourtant sérieux lorsqu’il évoque la mise au ban de certaines personnes à cause de leur surdité. « Moi, je suis entre deux chaises, je ne suis pas sourd, mais je suis sensible à leur situation », reconnaît-il humblement.

Le mot handicap, il l’a banni de son vocabulaire, « trop péjoratif ». « Je pense que les mentalités ont changé depuis mon adolescence, mais le problème des sourds et malentendants reste que leur différence ne se voit pas. Ils peuvent très vite se retrouver isolé. » Lui, les encourage à ouvrir les portes, il reste fidèle au mot d’ordre qu’il s’était donné lorsqu’il était adolescent : « Droit devant ! »

Source : http://www.ouest-france.fr © 19 Mai 2011 à Guingamp

Écrire un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.