« J’ai su signer avant de parler »

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Quand il parle, ses mains s’activent. Olivier Marchal ne peut pas faire autrement. « Je me sens plus à l’aise avec les mains qu’avec les mots. J’ai su signer avant de parler », sourit-il. « Mes parents sont sourds. Alors la langue des signes, c’est… ma langue maternelle ! » Aujourd’hui

Olivier Marchal signe le mot « communiquer ». « Avec le langage des signes, on ne peut pas mentir. Ca se voit tout de suite dans l’expression du visage, le regard, les sourcils… »

Quand il parle, ses mains s’activent. Olivier Marchal ne peut pas faire autrement. « Je me sens plus à l’aise avec les mains qu’avec les mots. J’ai su signer avant de parler », sourit-il. « Mes parents sont sourds. Alors la langue des signes, c’est… ma langue maternelle ! »

Aujourd’hui, Olivier Marchal a 36 ans. Il est papa d’une petite Anna de 14 mois qui signe déjà plusieurs mots. Il est aussi le créateur et président du 3e Festival national « Sourd Métrage » qui a lieu du 24 au 26 mai à Nancy.

Quatre profs en France

Mais depuis la rentrée de septembre, Olivier Marchal enseigne la langue des signes au lycée Varoquaux de Tomblaine et à la fac de lettres. Ils ne sont que quatre en France – sur 166 candidats – à avoir décroché ce CAPES, certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré, créé en 2010 et destiné à doter l’Education nationale de profs qualifiés, capables d’enseigner une langue reconnue « langue nationale » depuis la loi du 11 février 2005. « C’est une super-avancée. La langue des signes était interdite en 1880 jusqu’aux années 50. Quand ma mère était petite, on lui attachait les mains dans le dos ou on lui donnait des coups de règle sur les doigts pour qu’elle ne signe pas ».

Avant d’enseigner aux 26 lycéens – entendants – de Tomblaine et à la centaine d’étudiants de fac de lettres, Olivier Marchal a d’abord été surveillant, aide éducateur sportif, puis prof d’anglais et d’histoire-géo à l’Institut des jeunes sourds de La Malgrange à Jarville.

La Malgrange, c’est un peu chez lui. Olivier Marchal y a grandi : « Mon papa était surveillant de nuit. Le week-end, on jouait dans la cour avec mon frère et ma sœur, j’étais leur prof dans les salles de cours ».

En tant qu’ aîné, le petit Olivier sert de voix et d’interprète à ses parents sourds. Une responsabilité et une différence trop lourdes, qu’il rejette à l’adolescence. « Mais je me suis vite rendu compte que cette différence était en fait une énorme richesse. On peut dire tellement plus avec les mains qu’avec les mots ».

La preuve en sera encore donnée avec le festival Sourd Métrage.

Festival Sourd Métrage, du 24 au 26 mai. Films, ateliers théâtre, spectacles, expos… Gratuit et accessible à tous. Programme : ww.festivalsourdmetrage.fr

Source : http://www.estrepublicain.fr © 7 Mai 2011 à Nancy

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