En route pour de nouvelles aventures

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Le Mod-All, café librairie situé près des Halles, lieu culturel original, ferme définitivement ses portes. La tenancière des lieux, Laure Boussard, Parisienne devenue Bretonne par amour, veut vivre une autre passion.

«Ah, non, ce n’est pas un dépôt de bilan. C’est juste un changement de cap dans ma vie. Je veux faire autre chose, vivre une nouvelle passion mais toujours ici, sur des terres qui m’ont depuis longtemps adoptée». Laure Boussard, 42 ans, ne peut pas être plus claire. Seul regret, évoqué en souriant, celui de ne pas avoir pu battre le record de longévité de la précédente propriétaire des lieux, le café-épicerie des Halles. Jeanne-Yvonne Guyader a tenu la boutique à bout de bras jusqu’à ses 85 ans avant de s’éteindre cinq années plus tard. L’ex-Parisienne est admirative, mais passer sa vie derrière un comptoir, aussi agréable soit-il, ne l’intéresse pas outre mesure. Impossible pour cette femme passionnée qui va de coup de coeur en coup de coeur.

«J’ai flashé sur la région»

Elle rencontre Fred, son compagnon breton «monté» à Paris alors qu’elle enseignait à Paname la langue des signes. Breton, le maître-mot de sa vie. «J’ai flashé sur la région lors d’un bref séjour. Sur ses habitants aussi, peuple têtu et déterminé que je trouve accueillant et chaleureux. Je me suis tout de suite sentie bien ici, insiste-t-elle, parmi des gens que j’aime et qui me le rendent bien». Elle effectue quelques séjours à Poullaouen, achète le café des Halles en 2001 et retape les lieux avec son compagnon tout en exerçant sa profession d’interprète par période. Le 2avril 2005, elle ouvre Mod-All pour en faire un café non pas épicerie mais librairie, lieu convivial où les mini-concerts du vendredi soir sont légion. Le 2avril 2011, soit précisément six ans plus tard, elle fermera définitivement les portes de l’endroit. Une fête sera organisée à cette occasion, les amis se chargeant du décrochage officiel de l’enseigne.

Une future enseignante?

Mais que deviendra Laure? La question est sur toutes les lèvres. La réponse tient en quelques lignes. L’ex-Parisienne parle breton, le vrai breton, celui qu’utilisaient les Léonards pour acheter à bas prix les chevaux lors des foires de village. Toute petite, sur les quais de Seine, elle écoutait déjà de la musique bretonne. Lors de ses séjours à Poullaouen dans les années 2000, elle a suivi quelques cours. Mais là, en septembre dernier, elle a plongé dans le grand bain. Elle a traversé la rue pour aller à Ti ar Vro effectuer un stage intensif. Six mois d’apprentissage rigoureux à raison de 35heures de cours par semaine. Le résultat ne s’est pas fait attendre: Laure cause breton. Mieux, même: elle l’écrit. «Je peux maintenant soutenir une conversation dans cette langue du pays si mon interlocuteur ne parle pas trop vite. Il me reste toutefois des progrès à faire avant de pouvoir l’enseigner», admet-elle. C’est une aventure qui l’intéresserait après avoir complété sa formation lors d’un nouveau stage. La langue des signes, la langue bretonne… un parcours étonnant pour celle qui maîtrise également l’anglais et l’espagnol!

Source : http://www.letelegramme.com © 19 Mars 2011 à Carhaix

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