Manif pour sauver l’ancien Institut des sourds-muets

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Par un temps gris et morose, la Coalition des ami(e)s du Centre 7400 a réuni une soixantaine de manifestants pour dénoncer la transformation de l’ancien Institut des sourds-muets en condos de luxe. Le centre à vocation sociale et communautaire loue actuellement ses locaux à une trentaine d’organismes dans le quartier Villeray à Montréal. L’immeuble du 7400 boulevard Saint-Laurent, de « valeur patrimoniale exceptionnelle », selon la Ville de Montréal, appartient aux Clercs de Saint-Viateur qui comptent le vendre aux groupes immobiliers Thibault, Messier, Savard et associés Inc. et Développements McGill, afin d’y construire 302 unités de logements de luxe.

Le porte-parole de la Coalition, Gaël Morin a dénoncé vigoureusement l’absence de logements sociaux dans le projet, « une disposition qui va à l’encontre de la politique de la Ville de Montréal ». Le groupe demande la création d’au moins 45 logements sociaux, soit 15 % du total des condos prévus.

Présent lors de la manifestation, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) a dénoncé ce projet « destiné aux mieux nantis » et a accusé le maire de Montréal Gérald Tremblay d’abandonner la population au profit des marchés.

Françoise David, porte-parole de Québec Solidaire, a déclaré qu’il fallait que « ce bâtiment patrimonial demeure au service de la population » ajoutant qu’elle ne « peut pas imaginer qu’il tombe dans les mains du privé ».

Les manifestants dénoncent la transformation de l’ancien Institut des sourds-muets en condos de luxe.

Le brouillard entoure le projet

L’Association des consommateurs pour la qualité dans la construction a été cinglante face au projet immobilier. La porte-parole Albanie Morin a dénoncé l’absence de consultation de la population et le manque de transparence de la Ville dans ce dossier. « La Ville dit vouloir nous aider à nous relocaliser, mais tout ce qu’on a reçu, c’est une liste de locaux disponibles » peste-t-elle.

Andrès Fonticella, du Conseil communautaire solidarités Villeray, dénonce aussi la situation. « On nous met devant les faits accomplis » déclare-t-il. La bataille s’annonce donc difficile : « On veut au moins gagner quelque chose. Si les condos comportent au moins 15 % de logements sociaux, ce sera déjà ça de gagné » explique M. Fonticella.

Il s’est aussi indigné face à la proposition du promoteur de verser 300 000 $ dans un fonds d’habitation, une somme « odieuse compte tenu de la valeur de l’immeuble ».

L’Office de consultation public de la Ville de Montréal (OCPM) a rendu la semaine passée un rapport sur le sujet. Si « les efforts qui ont été faits pour conserver la vocation publique de l’édifice ont échoués », le projet « contribuera de façon significative à l’amélioration du cadre de vie du secteur et à la vitalité des commerces et services des environs. La commission a aussi suggéré de bonifier la somme de 300 000 $ versée par le promoteur pour compenser l’absence des 15 % de logements sociaux.

La Coalition des ami(e)s du Centre 7400 compte mener plusieurs actions pour tenter de faire imposer un moratoire à la construction des condos, ou tout du moins pour faire entendre sa voix. Elle tiendra un rassemblement lundi prochain devant l’Hôtel de ville pendant le conseil municipal, en plus de lancer une campagne de lettres aux élus et de faire circuler une pétition en ligne.

Interpellée sur le sujet l’automne dernier, la mairesse de Villeray, Anie Samson, avait déclaré entendre les revendications au niveau du logement social, tout en rappelant que cet immeuble a fait l’objet d’une entente privée entre les Clercs de Saint-Viateur et le promoteur, puisqu’il n’appartient ni à la Ville, ni à l’arrondissement.

Source : http://www.ruefrontenac.com © 16 Mars 2011 à Canada

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