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Isabelle Defer « signe » pour venir en aide aux contribuables malentendants

Isabelle Defer est assurément dans un rôle qui lui colle à la peau. Car, depuis que cet agent du centre des finances publiques d’Hénin-Beaumont s’est initié au langage des signes, cette gestuelle liée à une évidente empathie, lui colle à la peau. Un « don » que la jeune femme met désormais au service des contribuables sourds et malentendants jusqu’alors difficilement pris en charge…

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On ne va pas vous faire un dessin, mais aller faire un tour au centre des finances publiques ne se fait jamais le coeur léger. Une démarche qui génère souvent un maximum de stress du côté du contribuable pas toujours à l’aise dans le dédale de l’administration fiscale et les rapports douloureux induits avec son porte-monnaie.

Afin de balayer ces affres, la DGFIP avait lancé il y a quelques années le programme PVFI (Pour vous faciliter l’impôt) visant à mieux expliquer et rendre compréhensible les arcanes de la fiscalité. Une démarche qualifiée en langage administratif de « référentiel de qualité de service » qui s’est fondue dans la toute récente charte Marianne entrée en vigueur depuis le 1er janvier dernier.

Une charte, déclinée à toutes les administrations, qui, autour de 19 engagements, pose les bases d’un travail sur la qualité d’accueil du visiteur. Et donc, en l’occurrence, du contribuable.

Et parmi ces engagements, il en est un qui vise à faciliter l’accomplissement des demandes provenant de personnes à mobilité réduite. Une thématique pour laquelle la DGFIP est allée au-delà du desiderata initial en étendant cette notion de handicap aux personnes sourdes et mal entendantes.

« C’est une thématique sur laquelle on est partis de zéro !, confie Gilbert Dequidt, responsable du centre d’Hénin-Beaumont.

Il y avait tout de même déjà eu des formations légères d’une semaine de sensibilisation au langage des signes, mais sans plus !

» Un handicap face auquel les agents avaient traditionnellement beaucoup de mal à trouver la bonne attitude, certains ayant tendance à en faire trop, d’autres à complètement capituler. Alors, face à ces difficultés bien compréhensibles, une première information sous forme de dépliant est venue prodiguer les conseils ad hoc pour faire face à la situation. Et un kit amplificateur est désormais à la disposition des contribuables…

« On vit son texte ! »

Mais, depuis octobre dernier, c’est un pas supplémentaire qui a été franchi avec la mise en place de formations au long cours, c’est-à-dire sur trois ans, pour une douzaine d’agents, à l’Académie de la langue des signes, à Paris. La première année, c’est une session intensive de huit semaines qui lance la formation, session qui tombe à six semaines les deux années suivantes.

Au sein de la direction départementale, trois agents suivent cette formation, deux à Béthune et une à Hénin-Beaumont. Une formation qui, depuis plusieurs mois, transfigure Isabelle Defer. Lors de la séance de sensibilisation initiale, les prédispositions de la jeune femme sont apparues comme flagrantes. « Je suis ambidextre, c’est sans doute un petit plus ! » confie-t-elle dans un grand sourire. Et, bien évidemment, avec les mains qui accompagnent ses mots. Car, depuis lors, Mme Defer « vit » littéralement son nouveau rôle. « Le langage des signes, c’est à la fois une gymnastique intellectuelle et physique. Ce n’est surtout pas du mime, mais de l’expression. On vit son texte et il ne faut pas avoir peur de s’extérioriser même si, au début, la peur du ridicule est bien évidemment là ! » Après avoir passé avec succès le premier module de la formation, l’Héninoise est prête à affronter le second round de la formation et, dès ce printemps, l’arrivée de la fameuse période fiscale qui lui permettra de mettre en pratique ses acquis. Et dépannera sans doute nombre de personnes qui, parfois, devaient avoir recours à un interprète pour venir exposer leur cas. Une situation financièrement pénalisante et délicate pour la personne handicapée sachant qu’en sus, dans le Pas-de-Calais, il n’y a qu’un seul interprète professionnel dans le langage des signes. « Concernant notre démarche, il en va tout simplement de l’égalité des citoyens devant l’impôt », explique Gilbert Dequidt.

Source : http://www.lavoixdunord.fr © 17 Février 2011 à Lens

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