Au Café Signe, la parole et le geste ne font qu’un

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L’association « Des mots plein les mains » permet aux sourds et entendants se retrouver dans un bardu Mans, une soirée par mois. Elle invite chacun à communiquer en langue des signes.

Expliquer la règle du « jeu des vacheries » déclenche des discussions animées en langue des signes… et de beaux fous rires.

Dire « bonjour » en langue des signes, c’est simple. Il suffit de placer sa main devant sa bouche et de la diriger vers la personne que l’on regarde, un peu comme lorsqu’on envoie un baiser. Ainsi commence chaque soirée « Café Signe ». Un rendez-vous mensuel donné aux sourds et entendants, dans un bar du Mans, proposé par l’association « Des mots plein les mains ». Créée en 2007 par Clément Chapillon, elle propose des échanges à caractère culturel, en langues des signes.

« On a besoin d’espacepour signer »

Le mois dernier, des jeux de société étaient proposés aux participants. « C’est plus facile, pour ceux qui viennent pour la première fois, d’aborder les autres, explique Cécile Quintin, secrétaire de l’association. L’accès au Café Signe est gratuit, indique-t-elle. Petit à petit, la salle se remplit d’une soixantaine de personnes. Nous avons dû trouver un bar plus grand. Avec la gestuelle de la LSF, la Langue des signes française, on a besoin d’espace pour signer. »

Mélanie Buzance vient ici pour la première fois. La jeune fille, qui aura bientôt 18 ans, a entendu parler du Café Signe grâce à une professeur de son lycée sarthois. « En novembre, j’ai obtenu le Bafa avec session d’approfondissement en langue des signes, précise-t-elle. Actuellement, je prépare un Bac pro services en milieu rural. J’aimerais devenir monitrice éducatrice pour jeunes enfants handicapés. » Mélanie a suivi un stage d’une semaine d’apprentissage de la LSF. Alors, comme toute langue vivante, elle veut la pratiquer. Sitôt assise, ses voisins de table engagent la conversation.

Plusieurs générations sont réunies pour cette soirée. Fred Desormière et Didier Felquin, tous deux pères d’un enfant sourd, sont des fidèles du Café Signe. « Je ne parle pas couramment la langue des signes », avoue Didier. Lorsqu’il est trop difficile de se comprendre, quelques adhérents « entendants » de l’association traduisent volontiers les conversations. Et elles vont bon train. Mais, pour l’heure, Didier joue aux cartes avec Nathalie, membre « Des mots plein les mains ». « C’est surtout pour ma fille que je viens ici », dit-il.

À la table voisine, une jeune étudiante vietnamienne découvre le Café Signe. Elle est sourde et observe attentivement ses interlocuteurs… Elle peine à comprendre ce qui se dit. Cécile Quintin explique : « Chaque pays a sa propre langue, et pour celle des signes, c’est pareil. » Sur une table, une valise pleine de livres en LSF. Les moins aguerris vont souvent s’y servir. La plupart de ses ouvrages sont également consultables dans les bibliothèques municipales du Mans.

Source : http://www.ouest-france.fr © 17 Février 2011 à Mans

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