Les mains ont la parole au lycée Jean-Hyppolite

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Autour de Mickaël Dessendier, Laura, Audrey, Sandrine et Claire.

Déjà, en début d’année scolaire, la classe de terminale bac professionnel secrétariat, dans le cadre d’une journée consacrée aux langues européennes au lycée Jean-Hyppolite, s’était intéressée à la langue des signes française, au braille et à l’espéranto. Quatre de ces élèves viennent de réitérer en approfondissant la question de la langue des signes.

Audrey Dellas, Sandrine Bordas, Claire Lhery et Laura Mannier ont donc invité, dans l’établissement, le Pontois Mickaël Dessendier, président de l’association Les mains ont la parole, un autre regard. Pour un moment d’échanges, partagé avec un maximum d’élèves ainsi que des professeurs. Un moment étonnant aussi, à faire connaissance avec le monde des malentendants dont Mickaël fait partie. Et à apprendre des mots d’usage courant, dits avec les mains.

« Écouter avec mes yeux »

Le rêve de ce jeune homme, c’est « l’insertion la plus large des sourds et malentendants dans la vie professionnelle, associative et sociale. C’est aussi l’accès aux lieux public y compris les cinémas (avec sous-titrage) et surtout, le développement de la langue des signes vers le plus grand nombre, y compris les sapeurs-pompiers, les infirmières, les services de gendarmerie et de police. Aux services publics d’une manière générale. La langue des signes, c’est vraiment fait pour aider les autres. L’association que j’ai créée vise à lutter contre une certaine forme de maltraitance au fond, mais aussi contre les préjugés, l’isolement, l’indifférence. C’est pourquoi, il faut encourager les entendants à se joindre à nous », confie-t-il.

Cette langue inventée par l’abbé de l’Épée au XVIIIe siècle, il l’a apprise tout seul, à l’âge de 14 ans. « En écoutant avec mes yeux ». Et il aimerait transmettre ce savoir au plus grand nombre. En l’enseignant. Il a commencé d’ailleurs. Si le lycée de Pons lui a demandé d’intervenir dans l’établissement depuis le 6 octobre, il dispense déjà, dans cette même ville, des cours au centre social, chaque semaine (1).

De son métier initial de cuisinier, appris par défaut, il veut tout oublier. Et se battre encore pour sa propre langue. Et il ne reviendra pas en arrière. Depuis 2002 déjà, il a commencé à donner des cours dans le cadre d’un réseau d’échanges réciproques de savoirs, à Saintes, au sein de la Maison de la solidarité. De 1999 à 2006, il a animé, au collège de Pons, un groupe d’apprentissage à la langue des signes. Titulaire du Bafa, il a été animateur pour jeunes enfants dans un centre de loisirs durant trois ans. Et là, Mickaël se prépare à intégrer une formation pour devenir animateur social et en faire son métier, définitivement.

Mickaël rappelle que « la France compte 7 % de malentendants et que seulement 30 % d’entre eux pratiquent la langue des signes qui est devenue une langue officielle depuis 2005 ».

Il y a donc de quoi faire. À travers des cours à mettre en place y compris en Haute Saintonge, des permanences à tenir, des rencontres à multiplier.

(1) L’adhésion à l’association coûte 2 €. Les cours ont lieu chaque vendredi, de septembre à juin, une heure par semaine, moyennant 3 € le cours. Le siège de l’association se trouve à la mairie de Pons.

Source : http://www.sudouest.fr © 27 Janvier 2011 à Jonzac

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