Surdité : ils se font entendre

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Une association périgourdine s’élève contre le dépistage précoce de ce handicap

Philippe Lefebvre espère que la situation va s’améliorer pour les personnes sourdes.

Créée en septembre 2004, l’Association des sourds, entendants et malentendants (SEM) officie en Dordogne et en Lot-et-Garonne. Elle participe à de nombreuses commissions au niveau départemental comme, par exemple, le conseil consultatif des personnes handicapées de la Dordogne. « Nous ne sommes pas une association ghetto, indique Philippe Lefebvre, le président. C’est pour ça que nous sommes ouverts aux entendants. »

Pour le président de l’association, les sourds constituent un « monde à part entière avec une culture spécifique ». « Pour nous, une personne sourde n’est pas handicapée », poursuit Philippe Lefebvre. C’est entre autres pour cette raison que l’association prend position contre le projet de loi sur le dépistage précoce de la surdité. « Ce projet de loi vise à poser un implant directement aux enfants dépistés, explique-t-il. Or on ne peut pas traiter la surdité uniquement sur le plan médical, d’autant que les implants ne sont pas toujours fiables. »

Mais les sourds craignent surtout de voir disparaître leur « société parallèle ». « Pour nous, cette loi vise à supprimer une catégorie sociale », ajoute Philippe Lefebvre. Ouverts aux prothèses, les sourds refusent la généralisation de l’implant qui peut avoir des conséquences « dramatiques ».

« Discrimination »

Au total, l’association, qui se donne pour objectif de défendre les sourds et les malentendants, compte 38 membres actifs. Le dernier mercredi de chaque mois, elle organise une permanence dans les locaux de l’Udaf (1). « On y rencontre toutes les personnes qui ont des difficultés dans le travail ou à l’école », précise le président. Car les personnes sourdes se trouvent souvent confrontées à une méconnaissance de leur handicap qui freine leur intégration. Et selon le responsable de l’association, la loi sur l’accessibilité en vigueur depuis 2005 n’a pas arrangé les choses. « Certains patrons exploitent les personnes handicapées, s’insurge Philippe Lefebvre. Ils les embauchent pour des avantages financiers, mais ne font aucun effort ensuite pour les intégrer ! » « Humiliation, persécution et discrimination » sont bien souvent le lot quotidien des personnes sourdes et malentendantes.

Philippe Lefebvre et les membres de l’association sont là désormais pour « faire avancer les choses ».

(1) Au 2, cours Fénelon à Périgueux, de 14 h 30 à 16 h 30.

Source : http://www.sudouest.fr © 12 Janvier 2011 à Périgueux

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