Viol sur une jeune femme sourde et muette, l’accusé reconnaît : « Je suis coupable »

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« Aujourd’hui, je suis coupable. » Voilà les premiers mots prononcés par l’accusé, un homme de 50 ans, jugé depuis hier, devant la cour d’assises de Saint-Omer.

Les faits, reconnus par cet homme accusé de viol sur personne vulnérable, sont aussi simples qu’édifiants. Le 27 janvier 2009, à Lillers, il aurait violé son ex-belle-fille, aujourd’hui âgée de 20 ans, sourde et muette. Depuis hier, deux interprètes en langue des signes traduisent en gestes l’intégralité des débats.

Des débats, il y en a eu peu sur les faits. L’accusé, incarcéré depuis 15 mois, explique avoir été pris d’une « pulsion incontrôlable ». Il propose à son ex-belle-fille qui l’hébergeait alors depuis quelques mois, d’avoir une relation sexuelle. Non sans avoir pris soin au préalable de placer une main sur sa bouche pour l’empêcher de crier et d’enlever la puce de son téléphone portable « pour pas qu’elle prévienne la police ». Mais la jeune femme se débat et parvient à crier, ce qui réveille son bébé endormi sur le canapé à ses côtés. L’agresseur, freiné dans son entreprise, se dirige alors vers la cuisine pour « manger des saucisses de Strasbourg » et « boire un café », a-t-il raconté hier à la barre. La jeune femme, apeurée, repère un couteau posé sur le buffet tout proche du canapé. Son ex-beau-père, ancien compagnon de sa mère avec qui il a eu quatre enfants et qui l’a élevée depuis ses 5 ans, revient de la cuisine, du poivre à la main. Il jette l’épice au visage de la jeune femme, en visant les yeux. Craignant qu’il la tue, elle, et son enfant, elle se déshabille. L’homme commet son forfait. « Une infraction de cinq minutes », avoue l’accusé lors de l’instruction.

« Gentil, bêbêteet menteur »

À la barre, l’homme se présente affaissé, le visage irrémédiablement tiré vers le bas. À plusieurs reprises, il pleure. De l’étalage de sa vie déroulée par le récit des témoins, le président, Dominique Schaffhauser, retient trois qualificatifs : « Gentil, bêbête et menteur ».

L’avocat de la défense, Me François-Xavier Brunet ne joue pas sur les faits mais parvient tout de même à bien replacer le fameux couteau sur le buffet et pas dans les mains de l’accusé. Il fera aussi dire au policier d’Auchel appelé à la barre que son client a reconnu « très vite » les faits.

La victime elle, s’en tient toujours à la même version. En larmes quand son agresseur lui adresse directement des excuses entre deux sanglots : « Aujourd’hui, je regrette ce que j’ai fait. Regarde moi en face ! » « J’ai honte », répond la jeune femme en signes, fuyant le regard de son agresseur.

L’avocat général, Bernard Henne, recadre le débat sur une question qui le taraude dans ce dossier où il n’y a, ni alcool ni précédent inscrit au casier de l’accusé : « Vous parlez d’une pulsion, mais une pulsion, c’est court. Là, ça a quand même duré. Pourquoi à ce moment là ? Pourquoi elle ?

» « Moi même, je sais pas dire », répond l’accusé. En fin de journée hier, l’expert psychiatre a apporté un élément de réponse au Parquet : « La violence est mal formatée chez lui, il peut exploser brutalement (…) Il y a un fait déclencheur ou « favorisateur », c’est quand il dit que le compagnon de la victime était parti. » La mère de la victime, et ex-compagne de l’agresseur de sa fille, accuse : « Il a violé ma fille, faites lui la justice s’il vous plaît ! », crie-t-elle à la barre. « On est là pour ça », apaise le président.

À la fin de la journée, les faits semblaient clairs hier. La personnalité de l’accusé devrait sûrement influencer le quantum de la peine qui sera prononcée aujourd’hui. Une toute petite enfance « dans un milieu carrencé », un placement à 20 mois « chez des parents nourriciers qui s’en foutaient », selon le rapport de l’expert psychologue… Les jurés décideront cet après-midi des prochaines années de la vie chaotique de l’accusé.

Source : http://www.lavoixdunord.fr © 17 Novembre 2010 à Saint-Omer

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