Adamo Sayad, le Sélestadien sourd de naissance, séduit Gad Elmaleh à Colmar

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Adamo Sayad, le Sélestadien danseur sourd-muet, était sur scène avec le groupe Jesers en première partie du spectacle de Gad Elmaleh à la Foire aux vins de Colmar. Il raconte son aventure.

À gauche, Serge le chanteur du groupe Jesers forme la lettre g, Adamo Sayad la lettre a et Gad Elmaleh la lettre d.

« J’aimerai dire aux personnes qui sont employées dans les administrations, qu’elles peuvent apprendre la langue des signes. Il leur suffit de prendre contact avec le Centre communal d’action sociale, le CCAS ». Adamo Sayad, le Sélestadien qui est sourd de naissance, danseur et chorégraphe hip-hop, lance un appel pour qu’à l’avenir tous les sourds puissent bien communiquer.

Pour faire passer son message, il rencontre la presse, prend sa place dans la vie locale et monte sur les planches.

Ainsi, le 7 août dernier, à la Foire aux Vins de Colmar, il était acclamé par 10 000 spectateurs. Quel événement ! Adamo Sayad, le rappeur sourd-muet, a dansé avec le groupe Jesers en première partie du spectacle de Gad Elmaleh.

Comment vit-on de tels instants ?

Je ne pensais pas que le groupe allait être choisi. En arrivant, je n’y croyais toujours pas. En montant sur scène j’ai déjà eu des frissons. Enfin je montais sur une vraie scène. Il n’y avait encore que des techniciens sur place. Je suis monté avec le groupe Jesers. Je fais avec eux du « Chant’signe ».

Qu’est-ce que c’est que le chant’signe ?

Dans le monde des personnes qui entendent, on chante à l’aide d’un micro. Les sourds, nous n’avons pas la possibilité d’utiliser notre voix. Nous utilisons nos mains pour chanter. Ce sont nos mains qui chantent. Il existe alors un effet visuel. La voix s’adresse à l’oreille, les signes parlent aux yeux. La chanson que nous interprétons avec le groupe Jesers s’intitule « les mots ». Sur ces mots je fais du chant’signe. Serge chante, Marc est à la guitare, Philippe à la batterie, Hélène, mon interprète, me prête sa voix.

Que racontent vos chansons ?

L’un des refrains dit notamment ceci : « Les mots battent de l’aile. Les bons sens, je les cible. Quand les mots battent de la haine, je reste sensible… ». « J’aimerais qu’on sème », est le titre d’une deuxième chanson. Je danse, je mime. C’est pour nous les sourds une autre façon de s’exprimer. On raconte l’histoire avec tout notre corps pour montrer aussi que nos yeux peuvent entendre la voix de nos mains.

Qu’avez-vous dit au public ?

J’avais comme objectif de dire aux 10 000 personnes qu’il est temps de nous réveiller, que j’étais vraiment content d’être là pour prouver qu’une personne handicapée – je veux parler des sourds, aussi des aveugles, des personnes à mobilité réduite — peuvent aussi monter sur scène.

Quelle a été la réaction du public ?

Les gens ont crié, ils ont applaudi, ils ont levé les mains comme on le fait dans le langage des sourds. Les gens ont été très touchés. Je leur ai demanaussi : Y a-t-il des aveugles parmi vous ? Je ne les vois pas. Y a-t-il des personnes en fauteuil ? J’aimerais les voir ici. Y a-t-il des personnes âgées, des sourds

À ce moment-là les gens ont explosé, ils ont applaudi encore plus fort. J’ai eu des frissons. J’ai vu un homme de la sécurité, un grand costaud, une armoire à glace, qui m’a félicité, qui m’a dit que c’était génial, que cela l’a bouleversé.

Comment avez-vous vécu ces instants ?

Avec beaucoup d’émotions, de vibrations positives, j’avais l’impression de me trouver au milieu d’une grande famille.

Vous avez rencontré Gad Elmaleh, l’humoriste, acteur et réalisateur franco-marocain.

Après notre spectacle on est monté dans les loges et on l’a rencontré. Gad Elmaleh souhaitait savoir ce que c’était que ce langage des signes.

Nous avons discuté, fait connaissance. Il a été curieux. Pour me féliciter, il m’a tapé dans les mains.

Vous aviez participé au festival LézArts Scéniques à Sélestat…

J’y ai participé. C’est suite à ce festival que j’ai été invité à danser avec le groupe Jesers en première partie du spectacle de Gad Elmaleh à la Foire aux vins de Colmar.

Bravo à ceux qui ont monté le festival LézArts Scéniques, bravo à Zone 51, à la Ville. Je suis fier de constater qu’il y a à Sélestat de la place pour l’art, pour les artistes, pour les personnes handicapées qui ont du talent.

Comment peut-on vous voir ?

Je pars faire un clip. Des images et films sont disponibles sur Internet sous www. websourd.org — www.dailymotion.com

Mon adresse : artsourd@gmail.fr

Source : http://www.lalsace.fr © 28 Aout 2010 à Mulhouse

3 COMMENTS

  1. Bonjour a tous !je suis sourde mais je ne trouve pas chercher des sourds a Strasbourg.J ai besoin à rencontrer des sourds, ça fait du bien des signes avec des sourds Stp sinon te pouvoir me redire!! Merci d avance

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