« Je suis sourde et je suis capable ! »

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C’est une première en Wallonie : le Centre de réadaptation professionnelle de Tournai a lancé le jobcoaching pour personnes sourdes et malentendantes. Un soutien qui prévoit à la fois un jobcoach et également une interface de communication qui se charge, non de traduire ce que dit le malentendant mais plutôt de s’assurer de la bonne compréhension des autres intervenants (futur employeur, collègues, etc.).

Carole refuse que sa surdité l’empêche de travailler et elle compte sur le jobcoach pour y arriver

Ce programme concerne à la fois les demandeurs d’emploi mais aussi ceux qui désirent se lancer dans le monde du travail ou encore les personnes déjà employées dans une entreprise mais qui sollicitent un accompagnement (changement de poste de travail). Dans ces cas de figure différents, le jobcoaching s’effectue avant, pendant et après l’embauche.

La durée ? « Difficile à déterminer mais alors que le jobcoaching “classique” prévoit six mois de suivi dans l’emploi, avec les personnes sourdes et malentendantes, ce processus peut requérir le double de temps », explique la jobcoach, Linda Ara.

Laurent Duquesne, de Velaines, a fait appel à ce service, en décembre dernier. Après dix années dans des bureaux d’architectes bruxellois, Laurent a dû retrouver du travail suite à la restructuration de sa dernière société. Il a alors suivi une formation pour être éco-conseiller. Face au silence des employeurs, il a alors décidé de faire appel au jobcoaching. « La jobcoach a relancé les employeurs par téléphone. Pour voir ce qui était possible rapidement », explique-t-il, avec l’aide de son interface, Sophie Pinon. Car Laurent a des idées, des rêves, plein la tête et refuse que son handicap lui ferme des portes. « Lorsqu’une personne voit une autre signer ça lui fait peur, ça dérange. Mais le plus important, c’est que le travail soit bien fait », affirme Laurent. Pour lui, le jobcoach permet de trouver de nouvelles pistes et d’être accompagnés pour les démarches à accomplir. Rêvant de créer une entreprise d’économie sociale qui sensibiliserait les personnes sourdes aux matériaux écologiques, il dit avoir ses chances dans la vie.

Carole de Courtrai est tout aussi motivée pour travailler dans la bureautique. Elle aussi bénéficie du programme de jobcoaching qui, dit-elle, lui donne de l’énergie. Fermement, elle affirme qu’elle est capable de travailler. D’ailleurs, elle a tenu à signer longuement toutes les entreprises pour lesquelles elle souhaite travailler…

Source : http://www.lesoir.be © 28 Avril 2010 à Belgique

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