Une odyssée glacée dans le monde du silence

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Société Deux Toulousains sourds font partie d’une expédition au sud du pôle Nord

Les deux Toulousains se sont entraînés dans les Alpes avant l’expédition

Il compte les jours sur son vélo de facteur. Le 6 mai prochain, il délaissera son fidèle cyclo pour une paire de skis nordiques. A 45 ans, Jean-Noël Devilliers, sourd depuis sa naissance, s’apprête à partir pour le Spitzberg, l’île principale du Svalbard, petit archipel norvégien situé à quelques kilomètres au sud du pôle Nord. Avec Patrick Gache, interprète en langue des signes dans la Ville rose, ce Ramonvillois fait partie de l’expédition organisée par l’association Les Montagnes du silence. Rassemblant treize personnes – sept sourds et six entendants – et une petite dizaine de chiens, ce voyage de quatre semaines à travers les étendues glacées n’est pas un simple défi sportif.

Changer le regard de la société
Tout au long de son périple, le groupe sera en effet suivi par trois écoles d’enfants sourds. Dont celle de Ramonville, où les deux garçons de Jean-Noël sont scolarisés. « Nous voulons leur montrer que ne pas entendre n’empêche pas de participer à ce genre d’expédition. Et puis, il faut aussi changer le regard que la société porte sur les sourds, ne plus considérer la surdité comme un handicap, mais comme une langue et une culture spécifique », explique-t-il.
Les 27 et 28 mai, des visioconférences seront ainsi organisées pour que les enfants puissent poser des questions aux aventuriers.
Car le voyage n’a rien d’une sinécure. Partant de Longyearbyen, la « capitale » de 2 000 habitants d’où l’explorateur Jean-Louis Étienne s’est envolé pour traverser le pôle Nord en ballon, la petite troupe des Montagnes du silence va parcourir près de 600 kilomètres à ski par des températures allant de – 6 à – 20 °C. Le tout sous un jour permanent, et en compagnie des quelque 5 000 ours polaires qui gambadent dans la neige du Spitzberg. « Nous ne pourrons jamais nous déplacer seuls, même pour aller aux toilettes. Il faudra que nous soyons toujours au moins deux, dont une personne avec un fusil et des pétards, en cas d’attaque. La tente réservée à la nourriture devra aussi être séparée du campement par une centaine de mètres », souligne Patrick Gache. Mais la préparation dans les Alpes ayant été à la hauteur du défi, la rencontre avec les carnivores du grand nord devrait se dérouler sans anicroche. Les deux Toulousains sont attendus au bercail début juin.

documentaire

L’association envisage de réaliser un documentaire sur l’expédition au Svalbard. Pour cela, elle recherche des coproducteurs pouvant participer au projet, à hauteur minimale de 5 €. Rens. sur www.lesmontagnesdusilence.org

Source : http://www.20minutes.fr © 20 Avril 2010

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