À Vannes, les avatars ne sont pas que du cinéma !

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Le laboratoire Valoria, de l’UBS, vient de créer un personnage en 3D. Sa mission ? Communiquer et donner des informations en langue des signes.

Reportage

Université de Bretagne Sud, sur le campus de Tohannic. Premier étage d’un des bâtiments. Derrière une porte battante, un long couloir de bureaux. La plupart sont fermés en ce début d’après-midi ensoleillé. Certains, toutefois, laissent entrevoir des ordinateurs et des piles de documents sur les bureaux.

C’est ici que se trouve le laboratoire Valoria, spécialisé dans la recherche en informatique. Nicolas Courty y est maître de conférence. Avec Sylvie Gibet ¯ professeur en informatique et responsable de l’équipe ¯, un ingénieur en informatique et un linguiste, ils oeuvrent, depuis déjà plusieurs années, à améliorer la vie quotidienne des sourds et malentendants.

Leur mission ? Donner vie à un personnage virtuel, apte à communiquer et à donner des informations en langue des signes, via une borne interactive. La personne sourde lui posera des questions et l’avatar lui répondra en composant des phrases, à partir de signes préenregistrés.

Une innovation susceptible d’avoir des débouchés dans les gares SNCF, les mairies et les administrations recevant du public. Sans oublier les lycées pour apprendre plus facilement le langage des signes aux élèves.

Un prototype en fin d’année ?

Valoria n’est, évidemment, pas tout seul à mener ce programme ambitieux, financé par l’Agence nationale de la recherche et le pôle de compétitivité Images et réseaux. Deux laboratoires rennais (biomécanique et informatique), une université à Toulouse, la PME multimédia Polymorph (basée à Pacé, en Ille-et-Vilaine) et l’association Websourd sont associés dans cette aventure.

« Notre rôle, ici à Vannes, est de coordonner tout le projet et de travailler sur l’animation de l’avatar (mains, bras, visage), note Nicolas Courty. À l’aide de caméras infrarouges, associées à des gants de données et à des marqueurs posés sur le corps d’une signeuse, il nous a fallu d’abord capturer les mouvements de cette femme. »

Un squelette a, ensuite, été reconstitué. « Puis nous avons donné naissance à un personnage en trois dimensions. Actuellement, nous sommes en train d’étudier dans quelle mesure cet avatar est compréhensible par les sourds. »

Si tout se passe comme prévu, un premier prototype de l’application pourrait être prêt d’ici à la fin de l’année. « Il ne sera, cependant, pas interactif tout de suite. » Après, pour que cette innovation voie le jour, il faudra qu’une entreprise se charge de fabriquer la borne. Cet avatar pourrait aussi intéresser des créateurs de jeux vidéos.

À l’initiative de l’association Faites leur un signe, une rencontre est organisée samedi matin, de 9 h 30 à 11 h 30, à l’hôtel de ville.

Seront présents : Sophie Vouzelaud, première dauphine de Miss France 2007 ; le laboratoire Valoria ; et des élèves du lycée Notre-Dame-le-Ménimur, apprenant la langue des signes. Entrée libre.

Source : http://www.ouest-france.fr © 09 Avril 2010 à Vannes

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