Les travailleurs du silence du lycée Jean-Rostand

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Depuis 2006, cet établissement scolaire accueille une Unité pédagogique d’intégration (UPI) spécialisée pour les élèves souffrants de troubles auditifs. Pour mener à bien cette mission, interfaces, interprètes, auxiliaires de vie et professeurs accompagnent ensemble ces élèves.

On les appelle interprètes ou interfaces de communication. Leur rôle : favoriser l’intégration et la scolarisation des jeunes sourds en milieu ordinaire. Depuis 2005, les enfants en situation de handicap ont la possibilité d’être scolarisés dans l’établissement de leur choix.

Le lycée Jean-Rostand a fait le choix de s’adapter plus particulièrement aux élèves sourds. Cette année, ils sont 10 lycéens et étudiants à y être scolarisés. Véronique Villette est interface de communication. Rattachée au Crop (Centre régional de l’ouie et de la parole) de Bretteville-sur-Odon, elle accompagne quotidiennement 4 lycéens de Jean-Rostand en transposant les enseignements en langue des signes française (LSF). « Je suis la voix et les oreilles de l’élève. Je traduis le contenu du cours mais pas uniquement. Je dois également vérifier qu’il a bien compris l’enseignement ou la consigne. »

Prendre part à la viede classe

Les interfaces permettent aussi à l’élève de s’exprimer et de lui faire prendre part à la vie de classe. « On transcrit les petites bêtises, les blagues, les bavardages ». Estelle Poutot, elle, est interprète, salariée de l’Association régionale pour l’insertion et l’accessibilité des déficients auditifs Haute et Basse-Normandie (Ariada).

À Rostand, Estelle intervient uniquement auprès des étudiants de BTS « Dans la classe je traduis uniquement ce qui est dit par le professeur, sans apporter aucune aide ni aucune reformulation. Je suis neutre. On est là pour leur apprendre à être autonome car dans la vie professionnelle on ne fait pas de cadeaux. »

À ces interprètes et interfaces s’ajoutent une équipe de 3 auxiliaires de vie scolaire qui prennent le temps d’approfondir avec les élèves l’acquisition de vocabulaire ou certaines notions difficiles à assimiler. Toujours dans cette optique d’intégration certains professeurs ont suivi en 2007 une formation particulière afin de mieux appréhender les difficultés réelles des sourds et en particulier les problèmes de compréhension auxquels ils sont confrontés. Au final pour les élèves, les difficultés de communication sont toujours présentes mais l’intégration, elle, est bien réelle. Tous comme les efforts consentis par chacun.

Source : http://www.ouest-france.fr © 16 Décembre 2010 à Caen

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