Sourds en colère pour un pôle à l’hôpital

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Santé Les sourds de Poitiers sont mobilisés pour obtenir un pôle d’accueil en langue des signes à l’hôpital.

Christophe Couteau, Christophe Touchais et Antoine Billy veulent un pôle d’accueil pour les personnes sourdes à l’hôpital.

La nouvelle association des sourds la Vienne (ASV) semble être sur le point de mettre fin aux désaccords anciens entre les sourds, quand on lui parle de santé. « Je suis allé aux urgences il n’y a pas longtemps avec mes enfants. C’est impossible de communiquer avec des gens qui ont des masques sur le visage. On m’a demandé d’écrire, mais la plupart des sourds sont illettrés ! » s’indigne Christophe Couteau, le président de l’ASV.

À ses côtés, Christophe Touchais a participé à des réunions de travail depuis plusieurs années sur l’accessibilité de l’hôpital aux sourds. « On n’est pas des moutons ! Il faut avancer sur ce dossier. Depuis 2005 et la loi sur le handicap, il ne se passe rien. On aimerait bien des réponses ! »

Parmi les 14 pôles régionaux d’accueil et de soins en langue des signes ont été créés depuis 2005 ; les plus proches sont Rennes, Nantes, Bordeaux, La Salpêtrière à Paris. Dans le projet d’établissement du CHU de Poitiers, un accueil adapté pour les sourds est bel et bien prévu, avec la mise en place d’une signalétique et la formation d’agent à la langue des signes. Mais il n’y a pas de délai et cela ne se fait pas du jour au lendemain, reconnaît-on au CHU, qui glisse au passage que la concertation avec les associations de sourds a fait apparaître des dissensions. En 2004, une convention a été signée avec des interprètes. Mais, faute d’organisation ou de disponibilité, les rendez-vous ne se font pas toujours honorés.

Pour accueillir les sourds et sourds aveugles, le pôle surdité idéal est composé « d’un médecin qui doit savoir signer, d’un médiateur sourd chargé d’accompagner les personnes sourdes qui le demandent, d’un interprète, et bien sûr d’un maximum de personnes qui savent signer, secrétaires, aides-soignantes, infirmières », énumère Antoine Billy. « Quand on vient pour un rendez-vous, on peut avoir de besoin de faire des examens complémentaires, comme des radios, d’avoir des précisions pour comprendre l’ordonnance. Le médiateur sourd peut aider le patient, être sûr qu’il a bien compris. C’est une question de culture des sourds », poursuit Antoine.

Pour faire avancer leur revendication, ces pères de famille et militants veulent mobiliser la communauté des sourds de Poitiers, qui seraient plus de 2 000 dans la Vienne. « On est prêt à manifester dans la rue, à aller voir le maire qui préside l’hôpital et le directeur de l’hôpital. On va montrer notre colère », promet Christophe Touchais.

Source : Centre-presse © 22 Décembre 2009 à Poitiers

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