Les sourds peinent vraiment à se faire entendre

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Pour avoir un service d’interprètes en Sarthe, ils demandaient une table ronde à la Ddass depuis deux ans.Elle a eu lieu en septembre. Aucune nouvelle depuis. Pas de compte rendu.

Réunies sous la bannière du collectif 72, plusieurs associations de sourds en Sarthe ont un message à faire passer(en langue des signes) : l’accessibilité de la Sarthe est bloquée par manque d’interprètes professionnels.

La Sarthe n’est pas le paradis des sourds. Ces derniers ne cessent de réclamer un service d’interprètes professionnels (voir Ouest-France du samedi 27 septembre 2008). À la demande du collectif 72 (1), des associations qui tentent d’élever la voix des quelque 300 Sarthois atteints de surdités et réunis en associations, une table ronde était pourtant organisée le 30 septembre 2009. Sous la houlette de la Ddass (direction départementale des affaires sanitaires et sociales).Une date attendue, et demandée depuis déjà deux ans. Seulement, ce bel espoir s’essouffle aujourd’hui : « Nous n’avons pas encore le compte-rendu de cette table ronde. D’autant qu’un bilan devait être fait six mois après cette réunion, après que des groupes de travail sont établis et que ces derniers rendent des conclusions, grimace un papa d’enfant sourd. Nous avions demandé cette réunion pour aborder essentiellement l’absence d’un interprète en Sarthe. Or le sujet a été rapidement évoqué le dernier quart d’heure de la réunion. Qui a duré deux heures. »

Le collectif 72 est désarmé. Lui qui voyait des portes s’ouvrir, au vu des représentants de divers organismes qui leur ont plutôt fait bonne impression.

Prestations coûteuses

Autour de la table étaient représentés la Ddass, la Caf, le Conseil général, Le Mans métropole, l’Inspection académique, la Préfecture, la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), l’Apaje, etc. « Quand on est sortis de la réunion, on nous a demandé de nous inscrire si on voulait faire partie de groupes de travail sur l’emploi, la scolarité, l’accès à la culture. Et à la santé. On ne connaît toujours pas le référent de chaque groupe », regrette Clément, président de l’association Des mots pleins les mains.

Pour le moment, les sourds doivent payer leur interprète (et le déplacement de ce dernier). L’honoraire peut atteindre 150 € de l’heure si celui-ci vient de Tours en voiture. Une aide mensuelle de 347 € est allouée aux sourds au titre de la PCH (prestation de compensation du handicap). Elle est attribuée pour les aides dites « humaines ». « Or nous n’avons pas que les prestations d’interprètes à payer avec cette prestation », explique l’un d’eux. « D’ailleurs, peu de sourds sarthois touchent cette PCH car il faut déjà savoir qu’on peut en bénéficier. Et faute d’interprète, c’est difficile, poursuit Carine, enceinte. Ça doit relever du service public. »

Une interface (interprète non professionnel) est proposée en Sarthe, notamment lors d’une permanence à la Caf, mais les sourds, globalement, n’en veulent pas car ils trouvent que la traduction ne correspond pas à leurs attentes. « C’est comme si un film était mal traduit, précise le président de l’association Les mots plein les mains. Alors chez le médecin, ça peut être gênant. »

Source : http://www.lemans.maville.com © 18 Décembre 2009 à Le mans

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