Ses mains ont la parole : Nicolas Baheu est interface-médiateur auprès des sourds

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Voici un an, Nicolas Baheu, dynamique jeune homme de 26 ans, créait son entreprise : « Parole de mains ». Communication entre personnes sourdes et entendants, sensibilisation dans les écoles, café des signes au « Tôt ou T’Art », Nicolas fait vivre la Langue des Signes dans le département.

L’adage de Nicolas (à dr.): «La parole est d’argent, le silence est d’or… et le geste de diamant.»

Le monde du silence et ses difficultés, Nicolas Baheu les connaît bien. Appareillé à l’âge de 3 ans, il a, un beau jour, découvert la Langue des Signes. Elle a changé sa vie : « Cela a révélé une identité qui était cachée en moi, je me suis senti libéré » explique-t-il dans un grand sourire. Formidable moyen d’émancipation des sourds, la LSF fut cependant interdite en France pendant près de 100 ans avant d’être officiellement reconnue en 2005, à travers la loi pour l’égalité des droits et des chances pour les personnes handicapées.

Un lien essentiel
Loin de considérer sa surdité comme un handicap, Nicolas en a fait un atout pour aider les autres en créant son entreprise. Interface-médiateur, il fait le lien entre les personnes sourdes et leur environnement. « Je les accompagne dans toutes leurs démarches, chez le médecin, l’assistante sociale, je prends des rendez-vous pour elles au téléphone… ». Aujourd’hui, il était aux côtés de Pierre-François qui travaille en supermarché. « Tout se passe bien, explique ce dernier, mais les réunions et les formations çà m’embrouille ! Malgré mon appareil je ne comprends pas toujours. Avec Nicolas, j’ai une relation de confiance ». À la différence des interprètes qui traduisent mot à mot les paroles prononcées, l’interface peut reformuler et expliquer le discours tout en s’adaptant à la façon de signer (1) de ses clients. Sa proximité et sa rapidité d’intervention sont particulièrement appréciés.
Le jeune homme propose également des cours d’initiation à la LSF. Parmi ses élèves, figurent des malentendants, des étudiants mais aussi une jeune infirmière et une éducatrice spécialisée qui y voient un plus pour l’exercice de leur profession. Très actif, il intervient auprès des lycéens de Cazin avec lesquels il prépare un projet théâtral et anime un café des Signes au « Tôt ou T’Art ». On y fait la causette et on y glane de précieux renseignements. « Les sourds sont souvent très mal informés sur leurs droits et les aides possibles » regrette Nicolas. Dans cette optique, il aimerait par la suite, embaucher une assistante sociale spécialisée en LSF. Son souhait : « Mettre la barre le plus haut possible afin que les interfaces soient reconnus et bénéficient d’une formation d’un certain niveau ».

(1) certains ont une façon bien à eux de parler la langue des signes.
Parole de mains 16, rue des Victoires Boulogne-sur-Mer, tél. 06 75 40 15 50. Site ://paroledemains.waibe.fr contact : paroledemains@hotmail.fr Prochain Café des signes : samedi 10 octobre à 17h au « Tôt ou T’Art » 119, rue Faidherbe à Boulogne.
Les services de Nicolas peuvent être pris en charge grâce à la Prestation de compensation du handicap. Depuis octobre 2007, la LSF figure en épreuve optionnelle au baccalauréat.

Source : http://www.lavoixdunord.fr © 05 Octobre 2009 à Lille

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