Le silence est d’or, ses mains sont de diamant

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Nicolas Baheu est interface-médiateur en langue des signes française à Boulogne-sur-Mer. Un métier inconnu pourtant grandement utile, dans la vie quotidienne des déficients auditifs bien sûr, mais aussi dans la vie professionnelle des entendants, les chefs d’entreprise en particulier. Traduction, initiation, en direct ou sur le net, Paroles de mains peut se révéler comme la solution.

Interface-médiateur en langue des signes française. Le nom ne s’invente pas. C’est le métier de Nicolas Baheu, 26 ans. Depuis 2008, il exerce son activité en libéral avec en poche un simple BEPC, mais surtout un niveau onze en langue des signes (le maximum étant quatorze). Un atout acquis lors de sa scolarité dans un institut spécialisé et qu’il aurait pu tout aussi bien perdre. À l’usine où il travaillait en intérim, il ne rencontrait plus de sourd. Dans ce contexte il prend peur, craignant de voir cet atout s’amenuiser alors qu’il lui faut le préserver, le compléter, la langue des signes s’enrichissant d’année en année, au fil des néologismes. Il s’engage alors avec détermination dans ce qui est une profession nouvelle, à distinguer de celle un peu plus connue d’interprète en LSF. D’ailleurs la différence est notable et il convient de l’expliciter, de façon à comprendre l’intérêt de la chose. Si l’on prend l’exemple d’une conférence ou d’un séminaire, l’interprète traduira mot à mot, ce qui peut parfois poser problème aux individus qui ne maîtrisent pas totalement la LSF, les anciens par exemple qui n’ont en poche que le b.a.-ba. de la langue et pour cause. La France ne considère la LSF comme langue officielle que depuis 2005, elle était même interdite en classe jusque 1991… Le rôle de l’interface-médiateur ? Changer les mots, s’adapter à la façon de signer du malentendant, simplifier le message. Ainsi, Nicolas Baheu arpente les routes du Pas-de-Calais pour épauler ceux qui comme lui n’entendent pas ou peu. Le jeune homme explique. « Pour une simple démarche administrative, une personne atteinte de surdité peut se retrouver dans l’embarras. La grammaire de la langue des signes n’est pas la même qu’à l’écrit. Signer un contrat, régler un différent juridique, un rendez-vous au pôle emploi peut donc très vite devenir insurmontable ».

En France, il le concède, les mentalités ont évolué, mais le pas en avant est insuffisant. « Au petit écran, les programmes traduits en LSF sont rares, ou alors, si on prend l’exemple des Questions au gouvernement sur France 3, ne sont pas très regardés. Dans le domaine de l’entreprise il y a aussi de quoi plancher. J’insiste lourdement auprès des patrons. Si un directeur souhaite embaucher une personne atteinte de surdité, ou s’il désire faire passer une information à l’ensemble de ses salariés, mes services peuvent être utiles. Il y a même des éducateurs spécialisés qui viennent me voir pour des initiations ». Preuve que l’interface-médiateur en LSF peut se révéler l’ami des sourds ou malentendants, comme celui qui ne subit pas le handicap auditif.

Nicolas Baheu propose traduction et initiation, dans des délais plutôt brefs. Ce peut être l’alternative rêvée au manque d’interprètes dans la région, principalement basés dans la métropole lilloise.
Tél. 06 75 40 15 50
http://paroledemains.waibe.fr/

Source : http://www.echo62.com © Octobre 2009 à Boulogne-sur-Mer

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