Marche des sourds à Paris pour défendre la langue des signes

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Des sourds et des malentendants manifestent à Paris, le 26 septembre 2008

Plusieurs centaines de sourds et de malentendants ont manifesté samedi après-midi à Paris, à l’occasion de la 51ème Journée mondiale des sourds, pour défendre et promouvoir la langue des signes.

La marche, organisée par des associations entre la place Colette, devant la Comédie-Française, et la place de la République, a rassemblé sous le soleil 850 manifestants, dont des représentants de la Fédération mondiale des sourds et de l’Union européenne des sourds, selon l’estimation de la police.

Illustrant le thème de la journée, la langue des sourds et la société, une manifestante arborait un tee-shirt blanc avec l’inscription « I love langue sourde ». Un autre marcheur avait écrit au dos de son tee-shirt noir « Agent de sécurité-protection de langue des signes français LSF ».

Un homme et une femme portaient sur leurs têtes deux mains jaunes pour l’un, vertes pour l’autre, comme symboles de cette langue gestuelle.

« Nous sommes fiers de la langue des signes. Or il y a une tendance à l’effacer en se concentrant sur une réparation de l’audition. Nous ne sommes pas contre l’oralisme mais pour l’apprentissage de la langue des signes notamment pour que les enfants grandissent avec », a expliqué le président de la Fédération nationale des sourds de France (FNSF), Philippe Boyer.

Affirmant qu' »être sourd, ce n’est pas un handicap mais juste un problème de communication », M. Boyer, qui s’exprimait en langue des signes traduite par une interprète, a notamment déploré un recul du nombre d’établissements scolaires spécialisés enseignant la langue des signes aux enfants sourds.

 

Un paradoxe, selon lui, alors que la langue des signes figure depuis 2008 dans les options possibles au baccalauréat et que la France a été le premier pays où a été créée une école pour sourds par signes méthodiques au 18e siècle.

Pour Virginie Marseille, secrétaire de l’Académie de la langue des signes en Avignon, entendante ayant appris la « riche » langue des signes, « il faudrait plus d’écoles bilingues et d’enseignants sourds ou nés de parent(s) sourd(s) car si l’enseignement de la langue n’est pas à la hauteur, les sourds ne vont pas loin dans les études et ont des difficultés d’insertion professionnelle ».

Cédric Lorant, président de l’Association française pour l’information et la défense des sourds s’exprimant oralement (Afideo), a évoqué une autre attente : le sous-titrage en 2010 de 100% des émissions des grandes chaînes de télévision, prévu par une loi de 2005.

« Les chaînes publiques en sont à 70-80%. Et le sous-titrage des films au cinéma reste embryonnaire », a-t-il affirmé.

La langue des signes, préférée au sous-titrage par certains sourds, demeure peu présente sur les écrans.

Un « plan handicap auditif » sera « prêt en décembre » et « une plate-forme d’appels d’urgence » pour les malentendants installée en 2010, a déclaré mi-septembre la secrétaire d’Etat chargée de la famille et de la Solidarité, Nadine Morano.

 

Des manifestants lors de la 51ème Journée mondiale des sourds

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